« Le Verbe s’est fait chair et il a dressé sa Tente parmi nous » : le prologue de l’Évangile de Jean (chap. 1,14) se lisait jadis –en latin– à la fin de chaque messe … et habitavit in nobis … Matin, midi et soir, c’est ce que font retentir les cloches de l’Angélus. Dans les églises et les chapelles, il y a des tabernacles, –tabernacula, des « petites tentes » : il est parmi nous, présence sensible, réelle, visible et repérable, audible et palpable, toujours et partout, comme la Lumière perpétuelle du Temple.
De même que l’Amour du Père n’en finit pas d’être Créateur, jour après jour en chacun de nos jours, ainsi des rendez-vous que nous fixe le Fils. L’Église des bâtiments et l’Église des institutions est son corps repérable –dont on a plus vite fait de souligner les rides que le dynamisme « étonnant pour son (grand) âge ». Repérables aussi, les membres du corps du Christ, qui portent, au quotidien et en tout lieu, le témoignage devant le tribunal de l’opinion publique… sachant que témoignage et martyr sont le même mot…
X Leur joie et leur paix « dépassent tout ce que l’on peut imaginer » (aux Philippiens, chap. 4).
X D’eux, on peut dire « Voyez comme ils s’aiment » (Tertullien IV°s.), c’est leur seule caractéristique, universellement (cf. Lettre à Diognète, 190 ?200 ?). La Rencontre avec le Père ne se fait plus en un lieu particulier, mais en la personne … … …
X 1/ de Jésus « Femme, l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité » (Ev. de Jean, chap. 4).
X 2/ du frère démuni : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »(Matth.25)
X 3/ de moi (… !!!) qui peux prier retiré en ma chambre (Matth, chap. 6), n’importe où, n’importe quand (cf. Ev. de Luc, chap. 11,1) : « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps » (1° lettre de Paul aux Corinthiens Chap. 6 ) : celui qui est Parmi nous est aussi en nous : Il est venu planter sa tente au-dedans de chacun… cf. Élisabeth de la Trinité Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos; que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice.
L’amour est passé à l’infini et à l’illimité. Il n’y a qu’une source à cette libération quant à toute condition et à tout conditionnement : Christ est ressuscité, devenu « chaque jour Dieu-avec-nous jusqu’à la fin du monde». En miroir, cette liberté en est le seul signe visible, et la Résurrection du Christ se reflète en nous. Nous sommes devenus tabernacles au milieu des frères, Présence réelle de Dieu.
L’Église est signe de la joie confiante du Père ; de la proximité tonique du Christ ; de l’imprégnation silencieuse de l’Esprit, consolateur et père des pauvres. « La prédication de l’Église manifeste le Christ ressuscité » (Karl BARTH) par qui l’Amour est « tout en tous » (1° Co, chap. 15). … « En pensée, en parole, en action et …sans omission », toute personne inspirée par l’amour fait advenir un monde nouveau : Ubi Caritas et Amor, ibi Deus est.