agenda de la semaine

 

Samedi 14 et dimanche 15 apm : brade-livres  d’automne de la bibliothèque diocèsaine, boulevard Voltaire

Samedi 14 : 10 h 00 catéchèse primaire, équipe CE2

10 h 30, Eveil à la Foi, catéchèse primaire, équipe CM2

15 h 00, paroisse Ste Jeanne d’Arc, causerie du père LORENZO, qui vit au Chili

1ère journée de formation à partir de l’expérience d’Ignace de Loyola, proposée par le service diocésain de la vie spirituelle : « SE CO

NNAITRE SOUS LE REGARD DU CHRIST ».Renseignements aux portes de l’église ou : viespirituelle21@gmail.com

Dimanche 15 : Ste Thérèse d’Avila  – CARMEL DE FLAVIGNEROT 16h 55 vêpres suivies de la messe à  17h30

DU 15 AU 22 OCTOBRE : SEMAINE MISSIONNAIRE MONDIALE

Lundi 16 : 14 h 00, formation au grec biblique, niveau 1

19 h 45, préparation de la liturgie des 28 et 29 octobre

Mardi 17 : JOURNEE MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE – PERE JOSEPH WRESINSKI (ATD QUART-MONDE)

Mercredi 18 : 19 h 00, équipe CCFD

Jeudi 19 : 20 h 30, à la chapelle, groupe de prière Saints Louis et Zélie MARTIN

Samedi 21 : 10 h 30, Célébration pour l’Éveil à la Foi et la catéchèse primaire

Samedi 21 et dimanche 22 : à l’occasion des 500 ans de Martin Luther, l’accompagnement biblique nous sera proposé par Mr SCHWEISGUTH , ancien président du Conseil Presbytéral du Temple

Dimanche 22 : pendant la messe, quête impérée pour les missions

Après la messe, BAPTEME D’ARTHUR LOPES

15 h 30 à la cathédrale St-Bénigne : ordination en vue du sacerdoce de : Mickaël GARREAU, Jean-Philippe NOLLE et Etienne CLEMEN

 

 

Parabole des Ouvriers de la Vigne

En 1863 à a commencé en France, puis partout en Europe, une crise qui a ravagé l’ensemble des vignobles. Le phylloxéra détruisait à une vitesse folle tout le vignoble. Et pour éviter une propagation catastrophique de ce puceron, il fallut arracher tous les pieds de vigne. Ce fut un drame pour la viticulture, et un drame humain extrêmement violent et fort. Il fallut tout replanter dans un tout autre contexte viticole et sociologique et politique et économique.

C’est ce que l’Évangile vient de nous dire, après le prophète Isaïe. L’un et l’autre nous ont parlé de ce drame. L’un et l’autre nous font comprendre aussi cette souffrance de la grosse colère du paysan viticulteur — et aussi la souffrance de Dieu. L’un et l’autre se sont épuisés à travailler en vain. Leurs efforts ont été battus en brèche par quelque chose qui suçait l’énergie jusqu’à la racine : le puceron du phylloxéra supprimait toute la sève ; l’injustice et la violence ont massacré les prophètes et Jésus le Christ. L’injustice, la violence, l’âpreté à l’argent, la volonté d’accumuler du pouvoir… et j’en oublie… voilà des phylloxéras qui ravagent une humanité jusqu’aux racines…

Tout cela a été mortel pour cette  vigne de Dieu que nous formons tous. Cela a été mortel pour Dieu lui-même : oui, c’est avec nos violences et nos égoïsmes que nous  l’avons mis en croix…

En bon paysan, Dieu est viscéralement attaché à sa terre. De toutes ses entrailles, nous lui sommes chers. Dieu n’est pas une idole insensible, contrairement à ce prétend le païen que nous avons toujours en nos têtes : oui, le Dieu de la Bible est toujours à découvrir, au-delà de nos idées sur lui  — vous savez, ce Dieu dont on demande parfois « Qu’est-ce que j’e lui ai bien fait pour qu’il m’arrive telle catastrophe ? ».  Il  a des sentiments forts. Il aime la vie. Il croit à la vie. Et il souffre quand nous refusons d’être ce à quoi il croit ; refusons d’être ce qu’il aime. Quand nous refusons d’être sa vie.

Nous lui sommes son grand crû. Il aime ce qu’il a planté, il nous connaît. Il sait que quelque chose peut redémarrer. Pour que rien ne soit perdu, il opère une greffe :   sur Jésus pour que la sève du Christ monte en nous. Il nous replante en « ce Christ que les bâtisseurs, crispés sur eux-mêmes, ont rejeté ». Dans cette nation étrange qui accepte et revendique d’appartenir  à l’homme aux bras écartelés.

Alors nous ne risquons plus  de porter du verjus. Notre vrai fruit sera la sainteté reçue du Christ Jésus. Car il est notre seul plant de Vigne possible.

« Pour la gloire de Dieu et le salut du monde ».

Dominique Nicolas

ce vendredi 6 octobre La Prière du Matin de Saint Bruno le Chartreux

« Seigneur,

dans le silence de ce jour naissant, je viens Te demander la paix, la sagesse et la force.

Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux tous remplis d’amour, être patient, compréhensif, doux et sage, voir,  au-delà des apparences, Tes enfants comme Tu les vois Toi-même, et ainsi, ne voir que le bien en chacun.

Ferme mes oreilles à toute calomnie, garde ma langue de toute malveillance, que seules les pensées qui bénissent demeurent dans mon esprit, que je sois si bienveillant et si joyeux, que tous ceux qui m’approchent sentent Ta présence, revêts-moi de Ta beauté, Seigneur, et qu’au long de ce jour, je Te révèle.

Amen. »

Saint Bruno le Chartreux (1030-1101)

Prédication de rentrée

23° dimanche du temps ordinaire

Prophète ÉZÉCHIEL, chap. 33, 7-9

Apôtre PAUL, lettre aux Romains, chap. 13, 8-10

Évangile de MATTHIEU chap. 18, 15-20

 

Il y a chaque été dans les forêts du Midi des personnes indispensables : les guetteurs qui surveillent les risques d’incendie. C’est ce que le prophète Ezéchiel nous propose d’être. C’est le service que se propose une communauté d’Église. En période de rentrée, comme nous vivons en ce moment, nous voulons être des veilleurs au service de la vie et nous voulons en prendre les moyens.

Ezéchiel nous dit qu’il faut se parler. Quand on a vu un risque vital, il n’est pas possible de se taire — ou alors, on devient complice et criminel soi-même.

Peut-être vous est-il déjà arrivé que des amis vous disent ce qui clochait chez vous ? C’est rude à entendre mais c’est une vraie grâce. Il faut supporter le vis-à-vis, s’expliquer face à face, tout poser à plat sur la table : ce qui était compliqué et obscur se laisse déplier. C’est bien autre chose que de parler dans votre dos et de faire des racontars.

Là, au contraire, cela se passe en pleine clarté. Même s’il y faut du temps, on choisit de servir la lumière. On s’engage de part et d’autre, il y a de l’espérance et de la confiance malgré tout ce que l’on a à se dire. La vraie charité, l’amour qui vient de Dieu, c’est cela.

C’est ainsi que l’on bâtit, que l’on rebâtit. Se parler, se parler vrai, c’est réparer le monde, comme disent les amis de la Synagogue ; c’est le restaurer comme il était au premier Jour… –Ce Jour Un, où la parole de l’Eternel appela la Lumière au jour puis fit foisonner tout le reste.

Avec toutes nos manières de veiller sur le monde, nous aidons Dieu le Père dans son acte créateur. Nous aidons Dieu à être Dieu. Voilà pourquoi l’Eglise et nos communautés existent.

 

L’autre moyen, c’est d’être pacifique et pacifiant. C’est la méthode de Jésus. Être de telle façon que les autres se sentent bien avec vous, qu’ils respirent plus large. Avoir en soi, comme dira saint Paul, le bon parfum de Dieu, celui qui n’entête pas, qui ne s’impose pas, mais qui change l’atmosphère.

Nous n’en sommes que les flacons, dira toujours le même saint Paul, mais tellement fiers et heureux de proposer à nos frères humains un produit de cette qualité !

Proposer la réconciliation ; proposer l’espérance : ce qu’on appelle une Bonne Nouvelle.

Proposer une vie avec d’autres, une Communion.

Proposer une vie épanouie, une vie réussie : ce qu’on appelle la Sainteté.

La mission d’une Église, c’est d’unir et d’unifier chaque personne rencontrée et toute réalité de ce monde, dans la clarté d’une parole vraie où chacun fait avancer la paix.

Parole + Lumière + Création : c’est le monde de Dieu, du Dieu de l’alliance. Une communauté chrétienne a d’abord pour mission de vivre en lui. Alors, elle peut  offrir au monde de vivre dans la sainte trinité pour qu’il donne, enfin réconcilié et réparé,  le meilleur de lui-même.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. AMEN

SUR LA FEMME SYRO-PHÉNICIENNE

Homélie des 19 et 20 AOÛT 2017

Quel changement de la part de Jésus ! Quel retournement ! Pour surprenant que le terme soit, c’est ce que l’équipe de préparation a appelé une conversion. Une vraie conversion de la part de Jésus à l’appel de la femme. L’équipe a d’abord été choquée, comme vous probablement tout de suite, par le manque d’écoute du Seigneur Jésus puis par la dureté de sa réponse. Nous avions plaisanté sur les disciples qui réclament un miracle juste pour qu’on ne leur casse plus les oreilles. Ils  nous ont paru peu sérieux. Mais leur attitude a eu au moins ceci de consolant pour nous : c’est qu’il nous arrive, à nous aussi, d’avoir une prière qui ne vaut pas grand-chose, mais qui « marche » tout de même. Il nous arrive d’avoir une prière où nous prenons Jésus pour un faiseur de miracles – ce qu’il ne supporte pas, et ce qu’il n’est pas.  Mais qu’il nous pardonne de penser, car toute prière finit par nous tourner vers Dieu son Père et notre Père.

Ni les Apôtres, ni nous, ne sommes des super-héros ou des super-chrétiens. Mais nous pouvons tout de même devenir ce que sont les Apôtres.

Cela confirme que la miséricorde de Dieu reste toujours infiniment plus grande que la faiblesse de notre cœur. Cela nous confirme qu’il est bien plus efficace de prier que de se taire sous prétexte que nous ne savons pas prier comme il faut. Le Seigneur est patient … il a l’éternité pour lui.

Oui, toute cette rencontre que raconte l’Évangile nous enseigne à aller plus loin, plus profond.. Avec Dieu, on n’est pas dans les politesses bourgeoises et mondaines, ou le respect des convenances : on doit agir comme des enfants… quitte à être insupportables.

Donc, oui, le cœur de Jésus finit par se laisser toucher. Il a suffi qu’il entende dans la demande de cette femme combien elle était impliquée personnellement, viscéralement, dans ce qu’elle disait. Et il prend au sérieux son désir de vivre — il prend au sérieux  tout désir de vivre, même maladroitement formulé. Vivre et donner de vivre, c’est sa passion !

Jésus a compris deux choses : d’abord, ce que signifie pour cette dame l’expression « le fruit des entrailles » …que nous utilisons si souvent de façon machinale et non concernée…  ce que son ventre a porté, ce qu’elle a de plus précieux, son enfant.  Ce qui est en jeu, c’est ce qui vient de sa vie — – alors, elle ne va pas en rester aux formules extérieures de la bienséance.

Et en même temps, Jésus entend que la femme sait lui résister : avec humour et fragilité, elle lui tient tête. Du même coup, Jésus ne peut pas en rester aux conventions, même si elles sont des conventions religieuses. La femme le contraint à aller au plus profond de lui-même. Donc, de sa mission.

Il se comprenait comme juste limité à un groupe, à une région du monde. Prophète local, territorial, national — il avait déjà assez de travail à faire là.

Au sens le plus fort du terme, l’alerte lancée par la femme amène Jésus à entrer dans la passion de l’Éternel Dieu pour nous autres, « pauvres pêcheurs » comme dit encore la prière pécheurs et jamais bien costauds. Il comprend la volonté du Père que tout homme soit sauvé. Le Père est universel.

Et c’est du Père, en premier lieu, qu’il s’agit.

Nous faisions les fortes têtes avec nos particularismes, nos idées identitaires. Et Dieu  nous a pris au mot. Saint Paul dit : Tant que nous prétendons avoir une vérité supérieure à celle des autres, Dieu nous laisse nous enfermer, nous enferrer en nous-mêmes. Mais il arrive un jour où des lanceurs d’alerte nous éveillent à la réalité. Nous réveillent. Il suffit d’entendre, d’écouter et de voir.

Isaïe, tout à l’heure, avait proclamé : « Dieu a des amis dans l’univers entier ». Mais  tout le monde pensait que c’était pour demain, pour l’avenir – un lointain avenir. Or Jésus, le Christ, voit que cela est vrai déjà  maintenant. L’avenir, c’est aujourd’hui !

C’est comme la résurrection : tant que nous la croirons réservée à « après », nous passerons à côté.

L’Évangile nous prie de croire qu’elle est en route, qu’elle fait son chemin vers nous. Que la Vie éternelle est déjà là. Nous sommes baignés par la vie éternelle.

Il nous suffit d’être passionnément désireux de vivre – et donner de vivre.

 

Lettre de Saint Paul aux Romains, fin du chap. XI

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu !

Tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l’éternité !

Amen.

père dominique nicolas

fête de l’Assomption à Saint Joseph

Mardi 15 : 10 h 30, messe de l’ASSOMPTION

avec la participation de  TOMOE et du groupe SAKURA

et 18 H 00, à la chapelle, MESSE QUI PREND LE TEMPS suivie d’un pique-nique tiré du sac.


mercredi 16 août  : 19h30 concert du  groupe SAKURA (Chants liturgiques et traditionnels occidentaux et japonais)

homélie du dimanche 13 août 2017

par Francis ROY, diacre

 

En écoutant les lectures de ce dimanche, on pourrait se demander quel rapport il peut y avoir entre l’histoire du prophète Elie racontée dans la première lecture, et cet épisode de l’évangile où Jésus rejoint ses disciples en marchant sur l’eau. Pourquoi l’Église nous propose-t-elle aujourd’hui d’écouter ensemble ces deux textes ?

L’évangile est la suite immédiate du passage de la semaine dernière où Jésus avait multiplié les pains pour une très grande foule. Nous lisons aujourd’hui qu’aussitôt après, il ordonne aux disciples de s’en aller par le lac pendant que lui renverrait les foules. Étonnant, non ? Pourquoi cet empressement à éloigner ses disciples de la foule ? Cette foule, c’est celle qui vient de vivre un grand miracle, qui a reçu à manger en abondance, nourris par la puissance d’un seul homme. Toutes ces personnes veulent faire de cet homme leur roi, un chef politique puissant qui chassera l’occupant romain et rétablira le royaume d’Israël.

L’enthousiasme de cette foule est grand. Nous pouvons avoir une idée de ce qu’est l’enthousiasme d’une foule, nous qui vivons dans une époque où les rassemblements de foules sont si fréquents, que ce soit pour des événements sportifs, culturels ou sociaux. Nous connaissons aussi le danger potentiel de ces rassemblements, avec les débordements parfois dramatiques qu’ils favorisent. Jésus veut préserver ses disciples de ces phénomènes de foules qui nous font parfois perdre la raison en suivant un mouvement presque malgré

nous. N’oublions pas que c’est cette même foule qui criera, quelques temps plus tard, « crucifie-le ! » entraînée par seulement quelques meneurs. Jésus décide donc d’éloigner ses disciples immédiatement. Il leur commande de passer sur l’autre rive. Quant à lui, il se charge de renvoyer les gens, de disperser la manifestation. Puis il s’en va à son tour, mais seul, à l’écart, dans la montagne, pour prier. Comme le prophète Elie, dans la première lecture, s’était enfui dans la montagne, lieu symbolique où Dieu rejoint l’homme.

Dans les évangiles, chaque fois qu’on lit que Jésus s’éloigne pour prier, c’est qu’il va se passer quelque chose de très important. Pendant ce temps-là, ses disciples sont, dans la nuit, seule et désemparés dans la barque chahutée par les vents contraires. Combien de fois n’avons-nous pas nous-mêmes vécu ces moments d’angoisse, dans la nuit de nos doutes ; ces moments où les événements menacent de nous déstabiliser, où la marche du monde nous fait craindre le pire. Ces moments où la souffrance nous fait vaciller, ces instants où la peur nous aveugle, où le découragement nous anéantit. Quand nous nous croyons seuls sur notre barque face à des vents contraires, que la nuit nous paraît interminable, et que nous nous mettons à penser « Où es-tu, mon Dieu ? ». Comme Il nous semble loin, dans ces moments-là ! Comme Il nous semble indifférent à nos malheurs, à nos difficultés !

Il nous accompagne pourtant dans notre barque, nous qui le croyons absent, resté sur les rives du lac. Et quand, au beau milieu de la traversée, au cœur de nos angoisses, nous l’apercevons enfin, nous avons souvent du mal à le reconnaître. Alors, comme les disciples, la peur nous fait pousser des cris. Il faut qu’il nous rassure, qu’il nous parle : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur ! » Mais le doute reste le plus fort, et nous avons besoin de preuves : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau ! »

En effet, quand Dieu se manifeste, c’est toujours dans la discrétion, alors que nous l’attendons dans des manifestations spectaculaires. Il n’est pas dans l’ouragan ni dans le tremblement de terre ; il n’est pas non-plus dans le feu, mais dans le murmure d’une brise légère. Il n’est pas forcément là où on l’attendrait. Pourtant, si nous sommes vigilants, il nous sera plus aisé de le reconnaître. Qu’a-t-il été dit au prophète Elie ? « Sors dans la montagne, et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer ». C’est grâce à cette attitude d’attente qu’il va pouvoir le reconnaître lorsqu’il passera. A son époque, les dieux païens étaient censés être annoncés par la violence et la force des éléments : l’ouragan, le tremblement de terre, le feu… Mais Elie ne s’y est pas trompé. C’est bien dans le murmure de la brise légère qu’il a reconnu son Dieu, notre Dieu, le seul vrai Dieu. Celui qui vient à pas feutrés, sans s’imposer à notre regard, sans bousculer nos libertés.

Il vient et il nous appelle à quitter la barque pour le rejoindre. Mais avec ce vent qui ne cesse de nous tourmenter, ce vent de nos habitudes, de nos penchants, de nos douleurs, de notre incrédulité, le vertige nous prend, et la peur de sombrer. C’est alors que nous osons crier, avec Pierre : « Seigneur, sauve-moi ! ». Alors, aussitôt, Jésus nous tend la main et nous saisit en disant : « enfin ! Tu crois ! Pourquoi as-tu attendu si longtemps avant de t’ouvrir à moi ? Pourquoi as-tu douté ? » Et aussitôt, le vent tombe ! Tout ce qui nous effrayait disparaît avec les yeux de la foi. La confiance retrouvée nous fait proclamer notre foi avec les apôtres de la barque qui se prosternent devant Lui : « vraiment, tu es le fils de Dieu ! ». Et nous pouvons l’adorer sans détourner notre regard, nous pouvons nous tenir devant lui sans avoir besoin de nous couvrir le visage avec notre manteau, contrairement à Elie qui redoutait de voir Dieu face à face.

Sur un sujet tel que celui de la foi, on ne peut parler ni  d’expérience, ni de science : on ne peut livrer que le fond de son cœur.  La foi est quelque chose d’insaisissable, d’insondable. Sans doute parce qu’elle surpasse tout.  Et puis, tout cela est si étrange : le doute est un manque de foi, mais seule la foi peut nous sauver du doute. Le doute nous éloigne du Christ mais, dans le même temps, notre doute est une détresse qui attire sur nous sa compassion, et qui nous vaut qu’il nous tende individuellement la main, comme à Pierre, lorsqu’il s’enfonçait dans les eaux. Oh ! Oui ! En vérité, il est « grand » le mystère de la foi !

« Seigneur, chaque fois que je me trouverai dans la tempête, dans les moments de doute, de souffrance, de solitude, de lassitude dans ma foi, donne-moi de réentendre ta voix qui me dit : ‘Confiance, c’est moi, n’aie pas peur. Moi aussi, j’ai éprouvé la solitude et l’angoisse dans ma passion. Mais maintenant, vivant et ressuscité, je demeure à tes côtés. Unis ta souffrance à la mienne, tes peurs aux miennes. Tu expérimenteras alors la joie de la résurrection et de la vie nouvelle »

Amen.

homélie du dimanche 9 juillet 2017

par Francis ROY, diacre

L’évangile du jour promet le repos, et ça tombe bien, en ce début de période de vacances. N’est-il pas légitime d’aspirer au repos ? Après une année de travail ou d’activité, nous pouvons aspirer à faire la coupure, à souffler, à prendre un temps de détente…

Les vacances sont, en effet, une période favorable pour rompre le rythme de l’année, changer d’air pour ceux qui partent. Avec le

Christ, déposons notre fardeau, posons un regard différent sur la vie et sur ceux que nous rencontrons, revenons à la source…

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples » De telles paroles ne nous laissent pas indifférents. Avouons que lorsque nous entendons parler de  prendre sur ses épaules un joug, notre première réaction est plutôt négative. Car comment comprendre cela autrement qu’en termes de poids et de charge que nous aurions à porter en plus d’une vie déjà bien remplie de maux et de peines.

Pour bien comprendre ce que Jésus exprime par ces propos il convient de revenir au début de sa prise de parole dans notre passage d’évangile. Dans un premier temps, il s’était exclamé : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Et ensuite : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ». Autrement dit, Jésus nous avertissait que ce que le Père allait nous révéler à travers lui est de l’ordre d’une sagesse qui dépasse notre stricte rationalité humaine. Le contenu de cette révélation : son joug qu’il nous invite à prendre n’est pas destiné à nous surcharger, mais au contraire à nous soulager de nos fardeaux afin de venir nous reposer auprès de lui.

« Prenez sur vous mon joug, nous dit Jésus, il est facile à porter. » On ne voit plus de joug, cette pièce de bois posée sur le cou des animaux de trait pour les lier, depuis que les attelages de bœufs ont été remplacés par les tracteurs. La racine du mot joug, que l’on retrouve dans conjugal ou yoga, signifie relier, unir. Le joug fait tenir ensemble, met en alliance. Il a même la forme d’une accolade, ce signe fait de deux courbures pour relier des mots ou des lignes. Et se donner une accolade c’est s’embrasser en se tenant par le col, le cou.

Le joug peut peser sur nos épaules, mais quand on est deux, côte à côte, il répartit le poids et accroît la force. Il procure de l’aide et du réconfort. Il permet d’agir en tandem, de collaborer plus efficacement, de s’aimer de manière plus proche et plus forte. Aussi Jésus précise-t-il que son joug est facile à porter.

La Parole de Dieu et les commandements, qui appellent à vivre et à aimer, peuvent être lourds. Mais, attelés à Jésus, nous n’avançons plus seuls. La Parole de Dieu est le joug qui nous tient en alliance, en compagnonnage avec Jésus. Et Jésus transforme la Loi en un joug facile à porter, car il en fait un poids d’amour et de vie.

Nous savons bien qu’il y a des poids qui nous rendent légers et forts ! Porter un enfant dans ses bras rend parfois la marche plus facile. Et quand l’être aimé pose son bras sur notre cou ou notre épaule, c’est un joug qui rassure et encourage. Il y a des charges familiales qui peuvent être épuisantes, mais est-ce qu’elles ne retiennent pas à la vie en empêchant de sombrer ?

Mais d’autres nous écrasent ! Alors, Jésus appelle tous ceux qui peinent sous le poids des ans, des maladies, de la souffrance, des soucis ; ceux qui ploient sous le fardeau des échecs, des péchés, de la culpabilité ! Les blessés de la vie et de l’amour. Nous tous, un jour ou une nuit. Et Jésus nous procure le repos en nous attachant à lui comme le naufragé à la bouée de sauvetage. Au milieu des tempêtes et des ouragans, le joug qui nous relie à Jésus nous rattache à la vie et au bonheur.

Il y a les moments d’épreuve, mais il y a aussi des moments de joie, où la vie est plus légère, plus rayonnante, plus paisible. C’est ce que nous montre Jésus. Après s’être durement heurté avec les scribes et les pharisiens, il se retourne vers son Père pour lui adresser une prière de louange, et le remercier, à partir de ce qu’il voit : Alors que ceux qui croient tout savoir, n’ont pas une attitude d’ouverture à la parole de Jésus, la bonne nouvelle est bien reçue par ceux qui ont un cœur de pauvres : « Père…ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père tu l’as voulu ainsi dans ta bonté… » Savoir dire merci à Dieu, comme Jésus ; s’émerveiller de la beauté de la vie, de ce qui est vécu avec les autres, des moments de bonheur… Voilà une prière possible en vacances, que l’on peut dire avec ses enfants ou petits enfants…

Pendant cette période de repos, prenons le temps de regarder, d’être attentifs, à la manière de Jésus. Sur les routes de Galilée, Jésus est attendu, sollicité, suivi

par des gens ordinaires, ces petits dont parle l’évangile, pour qui les paroles de Jésus ouvrent une espérance… Ces hommes et ces femmes, nous en croiserons sur nos routes de vacances. Portons sur eux le regard de Jésus, sachons les écouter, recueillir ce qu’ils nous disent… Dans leur langage souvent simple et vrai, qui ne s’encombre pas de formes ou de mots compliqués, ils peuvent nous révéler quelques traits du visage du Christ.

Regarder à la manière de Jésus, c’est regarder avec les qualités du cœur de Jésus « doux et humble de cœur » : dans la Bible, la douceur c’est la capacité d’écouter, de s’émerveiller et d’accueillir. L’humilité, c’est le chemin si déroutant de Jésus, « roi humble et monté sur un âne ». Douceur et humilité nous mettent dans cette attitude d’écoute, de réceptivité, qui nous permet d’être attentifs à l’autre, de l’entendre, de le voir…

Jésus nous montre qui est Dieu, en attirant notre attention sur sa propre personne. Il est Dieu lui-même, vrai Dieu et vrai homme, et ainsi il nous montre le chemin pour parvenir au bonheur. Ce que lui-même vit et fait en tant que Dieu, il le vit et le fait aussi en tant qu’homme. Nous pouvons donc, nous qui sommes aussi des hommes, faire de même. Nous appuyer sur ce modèle, sur ce roi humble et serviteur des pauvres, qui prend sur lui leur joug.  Jésus nous montre que c’est possible. Nous sommes capables, nous aussi, d’agir autour de nous avec la même compassion pour nos frères qui sont dans le besoin, dans la difficulté, dans la souffrance, en portant avec eux le fardeau de leur peine, en nous liant par l’amour à leur joug, et en marchant, avec eux, d’un même pas, dans l’amour.

Alors notre vie et nos vacances deviendront ainsi prière, une prière qui fera de nous les bienheureux des « béatitudes » promises par le Seigneur.

Amen.

 

HEUREUX, BIENHEUREUX !

POUR LA MESSE DE L.C.E 12/06/2017.

Le premier mot de Jésus à la foule de tous ceux et celles en attente de salut est « Heureux ». On peut être sûr que ces personnes que Jésus déclare heureuses ne se considéraient pas telles ! Et c’est une question pour nous aujourd’hui : si Jésus déclare heureux telle ou telle catégorie de personnes, il y a sans doute un effort de conversion à faire pour nous « retrouver » dans l’une ou l’autre de ces catégories. N’oublions jamais que Dieu nous a crée pour que nous soyons heureux. Le bonheur fait partie intégrante de notre foi. C’est un trésor offert, à nous de le recevoir librement. A nous d’accepter d’être heureux. Il faut du temps  pour comprendre que le bonheur peut être là, au fond de nous, tout en vivant des épreuves difficiles, douloureuses, car le Seigneur a mis en nous sa vie, sa force, sa paix…

L’évangile de saint Matthieu nous donne les neuf grandes béatitudes. C’est la grande règle de vie donnée par Jésus au début de ses discours d’enseignement. Mais savez-vous qu’il existe une centaine de petites béatitudes réparties dans les livres de la bible, en particulier le psautier. « Les petites béatitudes » sont simples. Elles n’ont pas, comme les « grandes » l’air du majestueux portail ouvrant sur la sagesse nouvelle du Christ ! Elles sont plutôt des portes de côté où chacun peut aller et venir dans la vie chrétienne sans se faire remarquer, sans efforts trop grands. Ce sont les portes d’entrée des pauvres, des modestes, des petits que nous sommes, appelés néanmoins à l’unique sainteté. Ces petites béatitudes sont des repères concrets, simples, humains, souvent souriants sur le chemin qui mène à Dieu et à la joie d’être frères et sœurs. Elles sont un art de vivre et en passant par elles nous découvrons une grande variété de trésors. Dieu désire plus que tout notre bonheur et la joie en nous est signe de sa présence.

« Heureux tes gens, heureux tes serviteurs qui se tiennent continuellement devant toi et qui entendent ta sagesse ! » C’est la reine de Saba venu interroger le roi Salomon sur les questions qui la perturbaient qui chante, dans le premier livre des rois au chapitre 10, son émerveillement pour les réponses reçues. Qu’est-ce qui provoque les recherches de notre intelligence et de notre cœur ? Où se tient continuellement notre esprit ? Il y a un choix à faire : que lisons-nous ? Que regardons-nous ? Qu’est-ce qui entre dans notre intelligence, dans notre imagination, dans notre esprit ? Nous ne pouvons pas tout lire, tout voir. Il y a aussi des choses mauvaises qui ne doivent pas entrer en nous parce qu’elles nous détournent de Dieu et des autres. La voie royale de développement de notre vie spirituelle est celle des Écritures. Habité par les psaumes, par les paraboles de Jésus, par les prédications des apôtres, le cœur s’oriente vers Dieu et s’élève jusqu’à la vraie sagesse. Et la Parole de Dieu renvoie au monde ce qui rend nécessaire la lecture du journal !

« Heureux qui est absous de son péché ! » C’est la béatitude du pardon que nous donne le psaume 31. Recevoir le pardon de Dieu est une des plus belles choses que nous puissions vivre en ce monde. Pour prendre conscience de ce bonheur, il n’est pas nécessaire d’avoir commis de grandes et graves fautes, les péchés habituels suffisent ! Il est nécessaire avant tout de comprendre que nos offenses blessent d’une part quelqu’un qui nous aime, Dieu, qui mendie notre amour et d’autre part aussi nos proches. Heureusement, Dieu fait toujours miséricorde, il nous offre son pardon. A nous de l’accepter pour pouvoir pardonner à notre tour.

 »  Heureux l’homme que tu reprends, Seigneur ! (Psaume 93, 12-13) Être repris, « corrigé », pour reprendre le mot fort d’un ami de Job dans une béatitude semblable (Job 5, 17), est-ce un bonheur ? Pour augmenter notre étonnement, lisons la béatitude du psalmiste en entier : « Heureux l’homme que tu reprends, Seigneur, et que tu enseignes par ta loi, pour lui donner le repos aux mauvais jours ». Subir une bonne correction, recevoir un enseignement vigoureux, permettent de nous sortir de ces mauvais jours où nous étions sans la lumière du Seigneur. C’est un étonnement, car nous ne sommes pas habitués à penser qu’une bonne leçon « remet les idées en place », comme nous le disons familièrement. Il nous est bon parfois d’être secoués « pour nous arracher à nos penchants mauvais », selon l’expression liturgique. Nous le savons : des habitudes se prennent vite : celles de critiquer les autres, de rechercher son petit confort personnel, etc. Une longue liste, désagréable, peut être faite ! Or, nous pouvons constater que le Seigneur ne va pas nous « chapitrer » ni établir la liste de tous nos défauts. Nous serions écrasés de honte, et surtout, ce serait inutile, tant la réforme de nos vies est une œuvre inépuisable… Le Seigneur agit autrement. Il ne condamne pas la Samaritaine, il la met devant sa réalité. Ainsi pour nous, il ne montre qu’un seul point, qu’une chose à travailler. Si nous cherchons à « corriger » ce point-là, sa grâce commencera de guérir tout le reste. Dieu ne nous demande pas d’être des héros, mais des femmes et des hommes qui cherchent humblement à se convertir, pas seulement pour leur amélioration personnelle, mais d’abord par amour pour lui et pour autrui.

« Heureux ton élu, ton familier, il demeure en tes parvis ! » Quelle tendresse dans cette béatitude donnée par le psaume 64. Le Seigneur introduit son serviteur dans son intimité. Et tous sont élus car dans l’Ecriture l’élu est l’exemple, le signe de ce que Dieu désire pour tous. Avoir été regardé par Dieu illumine notre personnalité. Les fiancés le savent bien : ils se sont vus et un jour ils ont prononcé le nom de l’autre. Dieu connaît ainsi le nom de chacun. Comment percevoir en notre cœur que Dieu nous appelle à partager son intimité ? Il y a sûrement une part de mystère mais une bonne voie est celle de la prière liée aux événements de notre vie. Celui qui cherche à la lumière de sa prière l’humble sens de ce qui lui arrive, celui qui enfouit dans son cœur les événements de sa vie comme le faisait la Vierge Marie, progressivement voit la lumière monter en lui : un détail, une rencontre, une parole entendue, vont éclairer son cœur attentif. Il ne se sentira plus seul car une présence discrète se fera sentir. Et c’est souvent dans les passages difficiles de notre existence, lorsque les ténèbres semblent s’épaissir sur nous, que nous sentons la main de Dieu prendre doucement la notre pour nous relever. L’expérience pascale, sortir de notre mort pour respirer enfin avec Dieu dans la vie, est le lieu privilégié où nous voyons que nous sommes quelqu’un pour Dieu. Dieu est là pour moi, j’existe pour lui, c’est une nouvelle naissance.

La joie qui jaillit du fond de nous-mêmes permet de traverser les nuits, les orages… Ces « petites béatitudes » nous accompagneront

pour que nous ne manquions pas les portes qui ouvrent sur le bonheur de notre Dieu.

Il ne nous reste plus maintenant qu’à reprendre nos bibles pour partir à la recherche de ces merveilleuses petites béatitudes qui illumineront notre route vers le Royaume.

Amen.

Francis ROY

homélie de Pentecôte ( 4 juin 2017)

par Claude Compagnone, Diacre

Que faisons-nous de notre liberté ? Que construisons-nous avec cette liberté ? Comment mettons-nous en ordre notre vie pour qu’elle réponde pleinement à la liberté qui nous est donnée ? Que faisons-nous pour que cette liberté soit complète ? Telle est l’interrogation à laquelle nous conduit l’événement de la Pentecôte. Ce n’est donc pas une petite interrogation, une petite curiosité intellectuelle, mais bien une interrogation essentielle qui nous engage dans notre être tout entier, dans notre énergie, nos choix et nos désirs. Mais s’il s’agit bien ici de liberté, il ne s’agit pas d’une liberté que nous aurions arrachée de nos propres mains, à la force du poignet, mais de cette liberté que Dieu nous donne.

 

Dieu nous offre la liberté, soyons en certains ; il n’est pas le Dieu de l’esclavage, il est le Dieu de la liberté. C’est ce que fêtent les juifs et les chrétiens au moment de Pâques. Les juifs célèbrent la sortie d’Égypte, ce moment sans commune mesure dans leur histoire, où Dieu s’est penché sur son peuple et l’a délivré du joug de Pharaon. Nous, chrétiens, nous célébrons à Pâques ce don supplémentaire, ce don suprême que Dieu nous a fait en nous libérant, par son Fils, de l’esclavage de la mort. A travers la résurrection du Christ et de la promesse de la vie éternelle, nous sommes libres. Paul le rappellera maintes fois dans ses lettres, à temps et à contretemps : rien – ni la haine, ni les hommages ; ni le luxe, ni la pauvreté ; ni le malheur, ni le bonheur - rien, ne peut nous arracher cette liberté qui nous a été donnée en devenant enfant de Dieu ; rien, ne peut nous retrancher de l’amour de Dieu.

 

Assurément, libre, nous le sommes, mais comment agir conformément à ce don de la liberté, sans le dégrader, sans le mépriser ? Comment nous laisser orienter et entrainer, comme un bateau aux voiles gonflées du souffle du grand large,  par l’esprit de liberté ? Comme ne pas retomber en esclavage ? En effet, être libre c’est connaître aussi l’inconfort de la responsabilité de ses choix et de ses alliances. Comment donc être aidé dans l’orientation de choix qui soient à la hauteur de notre liberté ?

 

Il faudra aux apôtres ce temps de cinquante jours après la résurrection du Christ pour vivre et ruminer l’interrogation de cette liberté de la vie sans limite, pour être disposés à recevoir pleinement le souffle de l’Esprit de Dieu. Pierre parlera de recevoir « une part de l’Esprit de Dieu », un peu plus loin dans ce chapitre 2 des Actes des Apôtres. Il faudra aux Apôtres cinquante jours de maturation, c’est-à-dire un temps complet, fait de 7 fois 7 jours, pour pouvoir être pleinement des réceptacles « d’une part de l’Esprit de Dieu ». Il leur faudra ne plus savoir quoi faire après le départ du Christ pour accepter de s’abandonner complètement à Dieu et devenir réceptacle d’une part de son Esprit.

 

Nos frères juifs fêtent aussi la Pentecôte. S’il est dit dans le livre des Actes des Apôtres que les Apôtres se trouvaient réunis au moment de Pentecôte, c’est parce qu’ils se sont retrouvés pour fêter, en tant que juifs, l’alliance que Dieu à passer, au Sinaï, après la sortie d’Égypte, entre lui et son peuple. Une fois libéré de Pharaon et avoir traversé la mer Rouge, il a fallu aussi au peuple juif un temps de maturation au désert pour savoir ce qu’il allait faire de cette liberté. Il a fallu qu’il se demande comment il pouvait la vivre, amplement sans la dégrader, sans retomber en esclavage. Les chapitres 19 et 20 du livre de l’Exode nous disent comment Dieu donne alors à son peuple « des paroles », que l’on appellera aussi commandements, pour l’orienter dans le maintien de sa liberté.

 

Dans les Actes des Apôtres, Dieu passe une nouvelle alliance avec les hommes. Il offre alors aux Apôtres, non pas « des paroles » comme au Sinaï, mais son Esprit même : l’Esprit Saint, une part de son Esprit, à lui, Dieu ; il envoie le souffle de ses pensées et de ses paroles, le souffle de sa force de création et d’amour. En envoyant son Fils bien-aimé auprès des hommes pour les délivrer du péché et de la mort, il a franchi un cran supplémentaire dans la liberté offerte aux hommes. A la Pentecôte, il franchit, là-encore, une étape de plus dans l’alliance qu’il scelle entre lui et son peuple : il n’envoie pas « des paroles » comme il l’a fait dans le Désert du Sinaï, mais il envoie « une part de son Esprit », pour que les hommes soient paroles de Dieu.

 

Mesurons-nous vraiment la chance que nous avons de pouvoir recevoir une part de « l’Esprit de Dieu » ? Mesurons-nous vraiment l’importance de cette fête de Pentecôte qui nous dit que les moyens d’être libre nous sont donnés par Dieu ? Création de Dieu, nous le sommes dans la matière de notre personne dont Dieu est à l’origine. Mais création de Dieu nous le sommes encore plus, en surabondance, dans notre esprit, par cette « part de son Esprit » que Dieu met directement en nous, si tant est nous acceptons de le recevoir et d’en être le réceptacle.

 

Cadeau suprême et signe de sa proximité avec l’homme, Dieu nous donne une part de son Esprit. Il en fait le carburant du moteur de notre vie de chrétien, pour nous faire avancer plus loin, pour que nous puissions donner notre énergie d’amour et de création au monde. Il confirme et affermit la liberté gagnée sur la mort en nous donnant, si nous l’acceptons, le moyen par l’Esprit de garder cette liberté. Plus qu’en communication avec Dieu, nous sommes alors par l’Esprit en communion avec lui. Il s’agit de cette communion joyeuse que nous pouvons expérimenter dans la vie de couple ou dans une relation d’amitié quand nous nous savons, sans parler, complètement en accord avec l’autre.

 

Et ce souffle de l’Esprit, Dieu le propose à l’humanité en entier. Les Apôtres, après la venue sur eux du Saint Esprit, se font parole de Dieu pour tous. Ils parlent en langue pour tous, sans limite. L’Esprit de Dieu est généreux, sans frontière, il souffle où il veut et quand il veut, et il grandit en étant partagé. Il rend joyeux.

 

Sœurs et frères, ouvrons notre cœur, rendons-nous disponibles au souffle de l’Esprit pour en être réceptacle. Laissons-nous envahir, dilater et déborder par cette grâce et cette force qui nous dépassent.

Sœurs et frères vous êtes beaux quand vous êtes réceptacle de l’Esprit Saint.

 

Que l’Esprit de Sainteté vienne nous embraser !