Prière universelle du dimanche 24 mars 2019

Le célébrant : Prions d’un seul cœur le Père qui voit et connaît la misère des hommes et des femmes de ce monde.

Chant : invente avec ton Dieu, l’avenir qu’il te donne,  invente avec ton Dieu tout un monde plus beau

Il y a 10 ans, la flambée des prix des produits agricoles et des denrées alimentaires de première nécessité a provoqué des émeutes de la faim dans de nombreux pays ; depuis ces crises, les prix des produits alimentaires n’ont cessé d’augmenter : blé, riz, soja, maïs sont devenus objets de spéculation par des investisseurs de tout bord.  Des terres ont été détournées de leur vocation première : elles ne sont plus cultivées pour nourrir mais pour procurer des bénéfices.

Le modèle de l’agriculture conventionnelle avec un usage intensif de machines, de produits phytosanitaires et d’énergies fossiles est dominant aujourd’hui dans le monde ; or, il est destructeur pour la planète, car il produit près de la moitié des gaz à effet de serre. Il faut changer de modèle d’agriculture.

Le CCFD encourage dans de nombreux pays l’agro-écologie, un modèle respectueux de l’écologie et du bien commun.

Nos sociétés ne sont pas épargnées par les effets de l’agro-industrie ; elles souffrent d’une consommation excessive de produits saturés en graisses, en sucres, en sel, où la présence d’additifs chimiques est avérée. Ces produits, issus de l’industrie agro-alimentaire ont également un cout écologique pour la planète. .

le CCFD Terre solidaire agit dans plusieurs pays avec des partenaires locaux pour mettre en place ou défendre des lois foncières capables de préserver les intérêts des paysans. Il  agit pour l’interdiction de la spéculation financière sur les matières premières agricoles et défend la régulation des marchés agricoles ;  il encourage les producteurs et les marchés locaux.

A la suite du Christ, libérons-nous de nos égoïsmes et retrouvons le sens de l’être et non de l’avoir. Travaillons à un partage plus juste des richesses, par des politiques adéquates.

Chant : invente avec ton Dieu, l’avenir qu’il te donne,  invente avec ton Dieu tout un monde plus beau

Le célébrant : Seigneur Dieu, toi qui as vu la souffrance de ton peuple et la capacité de Moise à réagir à l’injustice de l’esclavage, aide-nous aujourd’hui  à être des SEMEURS DE JUSTICE

agenda de la semaine


Samedi 23 : Rencontre des EAP et Conseils Pastoraux du diocèse à la Maison Diocésaine
 

Dimanche 24 : Durant la messe, accueil de Vilma (du Guatemala) partenaire du CCFD-Terre Solidaire

Après la messe, repas partagé avec Vilma pour ceux qui le souhaitent


18 h30 à la cathédrale, 2ème conférence de Carême de Mgr MINNERATH :
« Notre Foi en la Résurrection : La résurrection de Jésus »


Lundi 25: 18 h 30 à la chapelle, messe avec CVX(Communautés de Vie Chrétienne)

Mardi 26: 15 h 45, cours de grec biblique

Mercredi 27: journée de récollection pour les enfants se préparant à la Confirmation

19 h 45, rencontre au Sacré-Cœur avec Vilma, partenaire du CCFD ( salle Fromageot)

Jeudi 28:17 h 00, groupe de partage Maurice ZUNDEL


29 et 30 mars: Eglise Saint-Bernard de Dijon « 24 heures pour le Seigneur »Adoration –Confession pendant 24 hSACREMENT DES MALADES le samedi apm à 16 heures – se faire connaître au préalable  auprès de sa paroisse-


Vendredi 29: 19 h 30, rencontre pour les parents des enfants se préparant à la 1èrecommunion

20 h 00, groupe de prière Chemin de Vie

23-24 MARS — 3° semaine de Carême

PREMIÈRE LECTURE – Livre de l’Exode 3, 1-8a. 10. 13-15

PSAUME – 102 (103), 1-2, 3-4, 6-7, 8.11

DEUXIÈME LECTURE – première lettre de Saint Paul aux Corinthiens 10, 1-6. 10-12

ÉVANGILE – selon Saint Luc, 13, 1-9

C’était un syndicaliste SNCF énergique,  grand militant depuis sa prime jeunesse et chrétien vigoureux qui partageait sa vie en équipe d’ACO. Un jour il dit : « quand je veux savoir ce qui se passe dans le monde j’ouvre la Bible ».

C’est ce qui se produit ce soir avec les paroles bibliques où nous trouvons ce que vit notre monde, jour après jour : les incertitudes, les inconforts, les incompréhensions. Et, peut-être bien, la manière qu’a la Bible pour affronter les questions pourrait bien nous donner des pistes.

Reprenons dans l’ordre:

Moïse voit un buisson en flamme, mais que le feu ne dévore pas. « Étrange, se dit-il,  allons voir ».

Tout est en germe dans ce déplacement. Il aurait pu passer à côté, ne pas s’y intéresser. Il aurait pu remettre la question à plus tard.

Mais il n’aurait pas découvert ce Dieu qui s’intéresse aux humains et à leur misère. « J’ai vu, oui j’ai vu,  j’ai entendu, j’ai ressenti la misère de mon peuple » …

Comme pour le buisson que le feu ne dévore pas, la détresse n’arrivait pas à détruire ce peuple … mystérieuse résistance ! … Pendant 400 ans ils avaient tenu bon dans l’esclavage, loin de chez eux,. et pendant 400 ans, Dieu avait attendu un Moïse passionné de liberté…

Un Moïse,  un prince voyou qui avait tué quelqu’un dans une rixe  où il avait cru manifester sa solidarité avec un opprimé. Puis, Moïse s’est enfui (et enfoui !) au désert, où il abandonne tout de son apparence : le jeune seigneur élevé à la cour de pharaon garde des troupeaux ; son intégrisme de croyant cède quand il épouse la fille d’un prêtre païen …

Il avait fallu une longue patience encore au Seigneur pour que le séjour au désert dépouille Moïse de toutes les certitudes qu’il avait auparavant : mais il était devenu un homme disponible.

Manifestement, Dieu ne lui en a pas voulu, de ce temps perdu, mais il l’a pris au sérieux dans sa volonté d’être libérateur. Du coup ce Dieu qui pour la première fois révèle son nom intime  peut faire confiance à quelqu’un  et passer alliance. …En fait, ce ne sera facile ni pour l’un ni pour l’autre, mais cela est une autre histoire…

 

Tout à l’heure, Dieu donnait son nom : « je suis celui que je serai », « je serai qui je suis », ou « je serai qui je serai » …  Sa réponse à la question de Moïse fait entrer dans un mystère qui ouvre à encore plus de questions … Quand il parle, le Seigneur lève encore plus d’interrogations – sans que ce soit angoissant, bien au contraire. Il ne ferme rien, ne verrouille pas : et au contraire, il libère une cascade de recherches et d’intelligence.

 

C’est ce que nous offre l’évangile de tout de suite.

La situation est de celles que l’on trouve en 1° page des journaux : « une tour s’effondre : 18 morts » ; « violence policière criminelle dans le temple », etc ». Nous en restons à la Une. Les gros titres sont notre culture unique et nous ne lisons pas les articles de fond. …. C’est l’épiderme qui frissonne de peur..  Nous tirons la couverture sur nous. Nous refermons la porte.

Notre réaction primaire est « qu’est-ce qu’on a bien pu faire au bon Dieu pour que ça arrive ? »  Jésus répond « Rien, Dieu n’y est pour rien ; vous n’y êtes pour rien ». Dieu n’est pas un Dieu vengeur, il n’est pas un Dark Vador détruisant les pauvres Jedis que nous serions… Non, comme dit la parabole, le Père fait confiance aux jardiniers de sa création. Il nous suffit de lui parler de ce monde. Lui parler de ce que nous avons vu et entendu, et vécu — comme la passion d’une mère porte toujours les siens. Lui parler à la condition d’être en communion avec les misères et les souffrances du monde. Voilà pourquoi nos P.U. sont si difficiles à rédiger …Il n’y a pas de réponses toutes faites, mais tout doit nous ouvrir à la même confiance et à l’énergie.

C’est une des prières du passage de St Paul. Il écrit aux chrétiens isolés et apeurés de cette ville turbulente et composite qu’est Corinthe, cette ville de marins et de filles à marins…

Il leur rappelle ceci : vous êtes baptisés en Christ, vous avez franchi la mer et la mort avec lui ; vous appartenez à un peuple de ressuscités puisque Christ est ressuscité et vivant. Alors, abandonnez tout ce qui n’est pas lui. Choisissez tout ce qui est lui.

Rien ne vous y contraint.

À vous de décider.

AMEN

père dominique nicolas

compte-rendu de la J.M.P. (journée mondiale de prière des femmes)

Le ler mars 2019,  à la chapelle de l’église St Joseph  :

à  la rencontre des femmes de Slovénie «Venez, tout est prêt»


Chaque année c’est un pays différent que la JMP (Journée Mondiale de Prière) propose de découvrir et d’aider le premier vendredi de mars, et en 2019, ce sont des femmes slovènes qui s’exprimaient: elles nous ont fait partager leur foi, enracinée dans un long passé chrétien, l’amour de leur pays, aux paysages si beaux et encore préservés, leurs soucis de travail et d’équilibre de la vie quotidienne, la force des liens inter-générationnels dans les familles, et leur souci de l’accueil des migrants et des minorités, lié au souvenir d’années difficiles où leur propre émigration était nécessaire à la survie des familles.

 

L’équipe oecuménique dijonnaise qui organisait la célébration de la JMP, le 1er mars à la paroisse Saint Joseph, s’est sentie particulièrement touchée par leurs témoignages, et concernée par la parabole des invités au banquet (Luc, 14, 15-24) dont Madame Véronique Collange, prédicatrice de l’EPudF (Eglise protestante unie de France)  a fait vivre  chacun des personnages.

Invitées de longue date ou de dernière minute, nous avons aimé prier ensemble autour d’une belle table décorée de produits slovènes, donner notre écot pour aider les projets oecuméniques d’aides aux familles et aux enfants ( 450 euros ont été envoyés)  et nous retrouver ensuite autour des pâtisseries du pays, comme la «potica» brioche roulée aux noix qui a donné du mal aux pâtissières !

 

Rendez-vous en mars 2020 avec les femmes du Zimbabwe? Invitation lancée!

 

Maguy Minonzio 11 mars 2019

Notre carême 2019

Le CCFD-Terre Solidaire sera le guide d’une vie nouvelle en germe

« SEMEURS DE SOLIDARITE »

10 mars semeurs de paix face aux conflits armés

17 mars semeurs de fraternité face à l’agro-bizness et à l’agro-industrie

24 mars semeurs de justice face à la spéculation

À St Joseph : Accueil de VILMA, partenaire guatémaltèque : Témoignage à la messe de 10h30 et repas partagé tiré du sac·

31 mars semeurs d’humanité face au dérèglement climatique et à la disparition de la biodiversité

7 avril semeurs d’espérance : point d’orgue de la campagne, ce cinquième dimanche récapitule les messages précédents et appelle à la générosité individuelle et collective, au moyen des enveloppes fournies, et par la quête au profit du C. C. F. D.-terre solidaire

 

RECEVOIR LE PARDON À Saint-Joseph : Jeudi 4 avril, 19 h 00

Mercredi 10 avril : Journée du Pardon à Saint-Michel


Conférences de Carême par Mgr MINNERATH :

18 h 30 à la cathédrale Saint-Bénigne : « NOTRE FOI EN LA RÉSURRECTION »

Dimanche 17 mars : Survie de l’âme ou résurrection des morts ?

Dimanche 24 mars : La résurrection de Jésus

Dimanche 31 mars : « Ressuscités avec le Christ »

Dimanche 7 avril : Comprendre notre propre résurrection

29 et 30 mars : Eglise Saint-Bernard de Dijon 24 heures pour le Seigneur

Adoration Confession pendant 24 h – Sacrement des Malades le samedi apm à 16 heures

19 avril célébration oecuménique du VENDREDI SAINT au SACRE COEUR

Homélie du dimanche 10 mars 2019 (Ier dimanche de Carême)

par Jean-Paul Berthelot, diacre

 

A chaque fois que j’ouvre mon ordinateur, je constate toujours 3 à 4 courriels de sollicitations publicitaires….surtout de ne pas laisser passer ma chance ! Bien sûr que les offres paraissent alléchantes et uniques. Par contre, à propos du Carême, c’est le silence ou presque. Ces quarante jours traînent une réputation faite de cendres, de restrictions et de sacrifices. Bonjour tristesse !!

Eh bien non ! Ce chemin libérateur qui va nous emmener à Pâques est tout le contraire de la désolation. C’est effectivement avant tout un combat spirituel, une invitation à la conversion, et cela nous dérange !! Nous sommes installés dans nos habitudes, nous sentons nos limites, mais le courage nous manque pour changer nos vies. La liturgie nous invite, dès la première lecture, à crier notre confiance en ce Dieu d’amour : « Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix. » St Paul insiste : « Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur, si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, alors tu seras sauvé »

L’évangile veut me faire réfléchir sur le sens de ma vie. Quelle relation est-ce que j’entretiens avec le monde où je vis ? C’est le temps de redimensionner notre relation avec Dieu (la prière), avec les autres (le partage) et avec nous-mêmes (le jeûne).  Ce combat spirituel commence comme celui de Jésus après notre baptême. C’est l’Esprit Saint qui a conduit Jésus au désert. Nous aussi allons être mis à l’épreuve, car c’est grâce à nos victoires spirituelles, que Dieu va nous faire grandir.

Dans la première tentation, Satan dit à Jésus : « Si tu es Fils de Dieu » cela signifie : étant donné que tu es Fils de Dieu, je m’attends à ce que tu fasses des exploits. Ce pouvoir que possède Jésus, Satan veut l’amener à l’utiliser à des fins matérielles.  Le démon veut ainsi générer des profits matériels grâce au spirituel. En langage simple, exciter notre chair pour qu’elle devienne la motivation première de nos actions. Satan veut progressivement amener notre vie spirituelle sous le contrôle de nos besoins physiques et de nos désirs charnels.

Lorsque Jésus parle de jeûne, il ne s’agit pas de perte de poids, de vêtements trop petits mais de raisons plus sérieuses que physiologiques. Quand notre monde ne tourne pas rond, le jeûne nous fait prendre conscience de notre être de chair et de son influence sur nous. Notre corps a besoin de nourriture pour vivre, c’est indéniable, mais pour sa vitalité, il a autant besoin de vie spirituelle qui dépend de la Parole de Dieu. Oui, réfléchissons, méditons la Parole de Dieu, c’est elle qui nous permettra de résister à toutes les envies dans notre vie quotidienne.

La deuxième tentation concerne le pouvoir. Le diable emmène Jésus sur une hauteur pour lui montrer tous les royaumes du monde. Je ne pense pas que Jésus avait besoin d’une telle visite guidée à travers les pays du monde. C’est une manière euphorisante de stimuler notre esprit, non pour la gloire de Dieu mais la nôtre. C’est pourquoi il faut savoir regarder au-delà de nos émotions, de nos excitations. Nos émotions sont quelquefois si vives qu’elles peuvent ouvrir à la convoitise. C’est subtil, mais Satan dans cette tentation, essaie de nous rendre la vie plus facile : laissons-nous porter par la foule, les réseaux sociaux, l’appât du gain et du pouvoir, même si nous devons écraser nos frères.

Oui, c’est le visage sympathique du malin qui rôde au coin de notre vie. Tout peut sembler beau et vrai comme les publicités que nous recevons chaque jour.  Jésus nous le rappelle : adorer le Seigneur, c’est le servir, et le servir exclusivement. Quand survient la tentation, prions Dieu pour que, dans sa grâce, il nous procure la puissance nécessaire pour résister à la gloire de notre monde.

La troisième tentation est très fine : si tu veux servir Dieu, fais-le à la hauteur de tes capacités. C’est l’exploit, le passage au Zénith. Satan connaît bien la parole de Dieu puisqu’il cite le psaume 90 v11-12 : « Il a pour toi donné ordre à ses anges de te garder en toutes ses voies. Sur leurs mains, ils te porteront de peur que ton pied ne heurte une pierre » Jésus ne conteste pas Satan, mais lui fait remarquer qu’en Deutéronome 6, 16 il est dit : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu »

Jésus veut nous montrer que la foi du chrétien se présente parfois avec une grande hardiesse, comme le psaume 90 ou de manière plus réfléchie comme le Deutéronome. Lorsque nous avons des choix à faire dans notre vie personnelle, laquelle de ces deux expressions de foi est la plus appropriée pour mettre en évidence la gloire de Dieu ? Lorsque je prends une décision, est-ce pour marcher dans les pas de Dieu ou est-ce pour forcer Dieu à suivre mes pas ? Suis-je en train de suivre la volonté de Dieu ou suis-je en train de faire usage de la bonté de Dieu pour mes intérêts personnels ? Il n’est peut-être pas toujours aisé de faire la distinction.

Il est crucial de garder en perspective le message intégral des Saintes Ecritures. Connaître une partie seulement de la vérité ne suffit pas, car Satan cite la bible au moment qu’il juge opportun. Nous pouvons concourir aux vues de Satan sans nous en rendre compte. D’ailleurs, certains groupes religieux se servent de la Bible comme base de leurs convictions spirituelles comme les Témoins de Jéhovah. Toute portion de la Bible doit être interprétée en relation avec le reste des Ecritures.

Le Christ nous rappelle qu’il est temps d’être à l’écoute de la Parole de Dieu pour renouveler notre vie de tous les jours. Le jeûne, la prière et le partage nous aideront à trouver les vraies valeurs de la vie, à nous rapprocher de Dieu et des autres.

Amen.

Homélie du 8e dimanche ordinaire C (3 mars 2019)

par Francis ROY, diacre,


Les lectures de ce dimanche nous réservent un changement de perspective important par rapport aux autres dimanches : elles sont bien la Parole de Dieu, sous la forme de la littérature de sagesse (première lecture) ou d’exhortations évangéliques (saint Luc) ; mais leur thème est… la parole humaine, avec ses grandeurs et ses ombres, puisqu’elle peut servir tout aussi bien à transmettre l’Évangile et à consoler, qu’à répandre l’erreur et à assassiner le prochain par la médisance.

Laissons-nous interpeller par les paroles de Jésus dans l’évangile : « Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ! ». Tout jugement humain est téméraire. Seule l’humilité et un travail de conversion incessant permettent d’être dans la vérité et d’avancer sur le chemin de la sainteté.

Le jugement est un regard, parfois traduit en parole, qui nous fait évaluer notre prochain, le plus souvent à son détriment, en identifiant ce que nous pensons être ses défauts. Or tout jugement est téméraire. Il est nécessairement fondé sur une erreur. Nous croyons voir clairement en l’autre, connaître ses motivations et ses sentiments. Or, nous ne connaissons jamais totalement les personnes, fussent-elles nos intimes. Elles-mêmes se connaissent d’ailleurs imparfaitement. Seul Dieu créateur et omniscient lit clairement dans les cœurs. Jérémie dit que Dieu « pénètre les cœurs et scrute les reins » (Jr 17,10). Il existe, dans l’âme de chaque personne, un lieu inviolable où seul Dieu pénètre. Soyons donc sûrs qu’il nous manque des éléments déterminants pour évaluer les actions d’autrui et cessons de juger.

Juger revient à enfermer l’autre dans son péché, à le réduire à ses défauts. Or, l’être humain est toujours plus grand que son péché car il porte en lui l’image du Créateur, qui le faire tendre vers le bien, même si cette image est défigurée. Tout homme peut devenir autre et sortir de son péché. Cela, seul Dieu peut le mesurer. Nous avons tous commis des actes dont nous dirions volontiers : cela ne me ressemble pas, ce n’est pas moi. Et cela est vrai. Nous avons tous de petits travers, agaçants pour autrui, mais qui ne rendent pas compte de la beauté de notre vie. Nous n’aimerions pas être réduits à ces seuls actes, à ces seuls travers, alors agissons en conséquence à l’égard de nos frères et voyons en priorité ce qui est beau chez eux. Si nous ne le voyons pas, demandons que Dieu nous le révèle par un événement, une parole de ce frère. Dieu nous exaucera rapidement et nous serons alors confus de l’avoir si vite jugé.

Par ailleurs, juger revient à prendre la place de Dieu, nous prendre pour lui. C’est se placer en position de supériorité au-dessus de nos frères, comme si nous avions une pleine connaissance et une pratique certaine du bien et du mal. La réalité, nous le savons, est toute autre. Nous sommes pécheurs. De plus, à chaque fois que nous dénonçons un travers chez un frère, nous sous-entendons en réalité que nous sommes meilleurs que lui. Il y a donc orgueil et volonté de domination. Nous prenons souvent pour prétexte la défense de la morale ou de la justice : nous aimerions que ce frère se convertisse. Si c’est bien le cas nous pouvons le vérifier facilement de deux manières : une tendresse particulière pour ce frère qui nous porte à prier pour lui, voire à lui parler discrètement (correction fraternelle) et une absence totale de bavardage à son sujet.

L’engagement à la perfection, ne libère pas de ce vice du jugement. Nous commettons très facilement ce péché mais c’est une véritable poutre qui nous rend aveugles.

Il est important que nous renoncions définitivement à nous critiquer entre frères. Ce dimanche peut être l’occasion pour chacun d’entre nous d’en prendre solennellement la résolution. Renoncer à la critique dans nos familles, nos groupes d’amis et tous nos lieux de vie est primordial car rien de grand ne s’y fera, l’Esprit Saint ne pourra y résider.

« À trop regarder la bosse du dromadaire on en oublie être un chameau ». Cet amusant proverbe nous rappelle que le texte de l’évangile du jour fait plus que nous inciter à ne pas juger. Il nous invite à retirer la poutre qui est dans notre œil, c’est-à-dire à nous convertir sans cesse. Avant toute chose, il faut prendre soin de bien former sa conscience.

Nous pourrons aussi faire acte d’humilité, notamment à l’occasion d’une confession, en demandant au Seigneur de nous révéler les péchés que nous ne voyons pas ou ne considérons pas graves. Cette prière reste rarement sans réponse et peut même nous secouer un peu. Le curé d’Ars avait demandé un jour à Dieu de lui montrer sa misère et avouait qu’il avait failli désespérer. Il conseillait donc de lui demander seulement de « nous montrer un peu notre misère »…

Le sacrement de réconciliation, reçu régulièrement et précédé d’un examen de conscience sérieux, est sans doute la meilleure façon de progresser dans la lucidité sur soi-même et la sensibilité à son propre péché. Nous sommes tous aveugles : au lieu de nous juger mutuellement, de nous scandaliser du mal des autres, ou de vouloir tout réformer par nous-mêmes, commençons… par prier humblement les uns pour les autres. Souvenons-nous des paroles de Jésus, lors de l’épisode de l’aveugle-né en Jean 9 : « Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure » (Jn 9, 40-41)

Humblement, permettez-moi de terminer ce commentaire par la prière de St François d’Assise devant le crucifix de Saint Damien, pour demander la grâce d’être éclairés :

 

« Dieu Très-Haut et glorieux,

Illumine les ténèbres de mon cœur ;

Et donne-moi Seigneur

La foi droite,

L’espérance certaine et la charité parfaite,

Le sentir et le connaître,

Afin que j’accomplisse ton commandement saint et véridique.

Amen. »

7° semaine du temps ordinaire — Le roi DAVID et JÉSUS, sa descendance

7° weekend

1° livre de SAMUEL         chap. 26

Évangile de LUC               chap. 6

 

Un conférencier américain commençait un exposé sur la générosité à la façon des conférenciers américains : il raconte une histoire qui lui était arrivée, puis il généralise. Un jour, parce que son aspirateur de voiture était en panne, il est allé emprunter celui de son voisin, qu’il ne connaissait pas du tout ; ils ont parlé ensemble et il fait connaissance. Lorsque son aspirateur a été réparé, il s’est bien gardé de dire au voisin que les choses allaient bien, de manière à conserver la visite et les échanges qu’ils avaient chaque semaine. Quant au voisin, il s’était gardé lui aussi de faire savoir qu’il connaissait la réparation, pour la même raison du plaisir partagé. En conclusion, le conférencier affirmait que vivre la générosité commençait de façon aussi banale — banale en apparence ! — que d’être attentif à son voisin, et inventif dans les relations. Il suffit d’oser.

Cette manière d’être typiquement américaine rejoint l’enseignement de la Bible aujourd’hui. Car la Bible de ce jour nous apprend comment vivre ensemble généreusement et à fond, et même au-delà. Selon l’expression des journalistes, la Bible fait « crever le plafond ».

Oui :

il y avait une fois un certain jeune David employé par le roi de son pays pour venir à bout des adversaires. C’était un bon guerrier — tellement trop bon guerrier, et tellement trop, trop, sympathique, que tout le monde disait du bien de lui, et même la fille du roi. Le roi en était devenu jaloux. Plus David plaisait, plus le roi s’enfermait sur lui-même. Il fallait se débarrasser de cet embarrassant David. Le jeune homme s’enfuit, et les troupes du roi partirent à sa recherche…

Il y avait déjà eu un duo de frères qui s’était terminé en duel : Abel en était mort, pourtant Dieu avait prévenu l’autre, Caïn : « Ton visage s’effondre, ne te laisse pas dévorer par le lion de ta jalousie » mais Caïn s’était muré dans le silence, comme ici, Saül dans la violence.

À l’inverse, David manie l’humour et la poésie. Il risque gros en pénétrant dans le camp du roi, au cœur de l’armée ; et, s’il agit en Robin des Bois, il est ferme dans ses principes : non-violence d’abord. Parce que d’abord et avant tout, il y a Dieu ; et ce que Dieu a marqué est sacré. Tout est possible, sauf de manquer à ce respect, sauf de manquer à l’humilité, à ce que l’on appelle « la crainte de Dieu ».

Cela va se manifester très concrètement, on se croirait dans un film : Avishaï, son aide de camp, propose à David de se défaire du vieux Saül d’un coup de lance, en l’instant ; David a refusé le « tout, tout de suite ». Il se met à distance, il prend du champ, et c’est sa parole qui franchit l’obstacle. Elle abolit la distance. Elle rejoint le roi aux tréfonds de lui-même. C’est elle qui réussit le travail.

La première condition pour être généreux, c’était d’oser.

La deuxième est d’introduire l’Eternel Dieu dans son action.

Lorsque le « fils de David », Jésus, prendra la parole comme celle que nous venons de recevoir, il manifestera qu’il croit en notre capacité à endurer tout, à tenir bon dans la durée.il a, comme son grand-père, la même confiance en l’Eternité.

Et la même confiance que son ancêtre à endosser les attitudes les plus folles.

À l’emprunteur, dit-il, laisser notre chemise ; au militaire romain qui réquisitionne, doubler la corvée.  Folie, tout cela !

Et nous  a-t-on assez reproché cette joue à tendre si on nous frappe au visage !

Folie, oui.

Pro-vocation aussi.

Quelle avait été l’attitude de Jésus ? comment s’est-il comporté dans les conflits ?

Une 1° circonstance est la rencontre de Jésus avec Judas et ses bandes armées. Judas le signale aux gendarmes par le salut fraternel et le leur vend. Au lieu de se rebiffer, Jésus a la remarque « C’est par un baiser que tu me trahis ? ». Il y a, là, juste une ironie douce-amère, pas plus.

Et quand un garde le gifle lors de son procès, il ne tendra pas la joue, mais demande « Pourquoi me frappes-tu ? Dis-moi… ».

Oui, Jésus a la folie de croire que l’autre peut s’expliquer. Peut raisonner. Peut être intelligent.

A-t-il tort ?

Quelle que soit notre réponse, lui, Jésus, sait que cela est le seul pari gagnant.

C’est ainsi qu’il affronte la mort ; c’est ainsi qu’il passe tout entier en Dieu le Père. La résurrection et la confiance sont sœurs jumelles. Leur commune origine est la Parole échangée, donnée, reçue, féconde à la manière d’un grain de blé jeté en terre…

Cela ne rejoindrait-il  l’actualité immédiate de ce pays à propos des Racismes et de tous les antisémitismes ?

Ne pourrait-on penser que la bonne réponse serait d’oser parler, d’interroger, de donner à l’autre personne  de parler ? de dire ce qui est en elle ?

Et d’entendre ce qui a peur en nous ?

Si la bonne réponse était de demander à l’autre personne de prier pour nous ?

Jusqu’au terme, l’attitude du Christ couvre les séparations. Il couvre et ouvre. Un au-delà est déjà commencé.

Christ donne part à la Résurrection dès maintenant, si l’on veut l’entendre.

Etre généreux serait alors de le recevoir, Lui, d’abord. Et que la folie de sa Croix chasse de nous tout autre souci.

Si la bonne réponse était de croire en l’éternité ?

père dominique nicolas

 

homélie du dimanche de la Santé (10 février 2019)

par Francis ROY, diacre

 

Comme Isaïe, nous sommes tous membres d’une humanité impure, impurs nous-mêmes… Et nous ne nous sentons pas dignes d’être les porte-parole du Seigneur. Cependant par notre baptême, nous sommes purifiés, rendus dignes de proclamer sa bonne nouvelle, habilités à témoigner de son amour.

Et la bonne nouvelle à proclamer, comme le dit saint Paul dans sa lettre aux corinthiens, c’est que Christ est vivant. Il est ressuscité d’entre les morts ! Paul, lui non plus ne se juge pas digne d’être appelé apôtre, mais « c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis », dit-il.

Luc, dans son évangile, raconte l’aventure arrivée à Pierre et à son équipage de pêcheurs. Pierre dit à Jésus son incapacité, « Nous avons pêché toute la nuit, et nous n’avons rien pris ! » Mais il obéit et relance ses filets. Après la pêche miraculeuse, il prend conscience de la grandeur du Seigneur et donc de son indignité : « Éloigne-toi de moi, car je suis pêcheur ».

L’Église est constituée de pêcheurs, purifiés par le baptême sans doute, mais toujours pêcheurs, limités dans leur capacité d’aimer, de croire, de dire leur foi et leur espérance. Mais c’est cette Église que le Seigneur envoie toujours pour annoncer son règne.

Ce Dimanche de la Santé est une bonne occasion de faire la vérité sur nous-mêmes, sur notre relation au Christ et sur la mission qu’il nous confie.

En parlant de la journée mondiale de la santé, on pense tout de suite à tous les malades, en les rassemblant tous sans aucune distinction, mais en disant qu’aujourd’hui nous célébrons la journée du malade, d’une façon individuelle, on met en avant que chaque malade est une personne humaine qui doit être considérée en tant que telle. Car chaque malade est important dans ce qu’il est au plus profond de lui-même, chacun vit sa propre histoire qui est différente pour chacun ou chacune… chaque malade a sa personnalité, son caractère, ses propres richesses intérieures… Chaque malade a son propre combat à livrer contre la maladie, qui est sûrement différent pour chacun. C’est important qu’on se le dise, que l’on en soit persuadé… Mais pour le Seigneur Jésus, c’est pareil… Il aime les malades, non pas dans leur globalité, mais il les aime tous sans aucune exception. Pour Lui, chacun est une personne, un de ses enfants dont il connaît le cœur, sa souffrance pour lutter contre ce qui le fait souffrir.

Quelle est la parole que nous pourrions retenir en ce dimanche ? Choisissons une parole fidèle à Jésus lui-même.

« AVANCE AU LARGE ET JETTE LES FILETS »…A ce moment de notre histoire où un certain nombre de nos repères sont malmenés, nous pourrions douter et perdre confiance, et dire au Seigneur : mais, Seigneur, nous voudrions bien avancer au large, mais nous avons peur ! Nous ramons à « contre-courant ! » Ce n’est sûrement pas la bonne solution ; il faut que notre confiance au Seigneur Jésus soit forte pour avancer au large, même et surtout si la tempête est trop forte, et risque de nous déstabiliser, il faut jeter nos filets : filets du respect des autres, filets de la tolérance, de l’honnêteté, de la fidélité dans nos engagements, en un mot nos filets de l’amour de nos frères, en particulier ceux qui ont besoin de retrouver une bonne santé, physique, morale.

La Parole de Jésus est toujours une parole qui nous libère de ce qui nous enchaîne, c’est une parole pour la vie, et non pour la mort.

Aujourd’hui,  pour notre bonne santé spirituelle souvenons-nous d’un certain nombre de paroles de Jésus qui ont fait du bien aux souffrants, aux mourants : Au lépreux, il dit : « je le veux, sois p

urifié » et il rejoint sa famille, il est guéri ! A ce démon qui n’en finissait pas de torturer un homme : « Silence, sors de cet homme… ». A un paralysé : « Lève-toi, prends ton brancard et marche. » A ce fils de la veuve qui venait de mourir : « Jeune homme, lève-toi… ».

Et les paroles de vie et d’amour, des paroles libératrices, salvatrices sont nombreuses tout au long des Evangiles… A vrai dire, c’est toute la bible qui est riche en paroles de vie… Dés les toutes premières pages de la Genèse : Dieu dit : « que la terre produise des êtres vivants… faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance… homme et femme, il les créa… » La Parole de Dieu est tout de même bien pour le bonheur de l’être humain, de tout être humain, homme et femme, complémentaire l’un pour l’autre, unis dans le respect du cœur et du corps de chacun !

Mais revenons à la journée mondiale du malade, ces paroles de Jésus nous les entendons tout particulièrement dans le monde de la santé : Médecins, infirmières, aides-soignantes, dans les paroles que vous avez à prononcer… que ce soit toujours des paroles créatrices, libératrices… Des paroles qui font du bien à un cœur, un corps qui souffre… Les malades sont à l’affût d’une parole qui pourrait les faire douter d’une guérison possible, parfois, le silence vaut mieux qu’une parole maladroite !

Bénévoles du monde de la santé, vous qui visitez les malades, chez eux, à l’hôpital, à la maison de retraite, vos paroles, mais surtout votre présence discrète c’est du bonheur pour eux… car il faut aussi leur donner la parole dans une écoute généreuse, sans retenue, car ils ont tant de choses à dire : l’angoisse qu’ils ressentent face à leurs maladies, mais aussi et surtout leur grande espérance d’un lendemain meilleur où le soleil entrera à nouveau dans leur chambre de malade.

Vous êtes, et nous sommes tous des porteurs de la bonne parole… Laissons entrer au plus profond de nous mêmes celles du prophète ISAIE : « Moi, je serai ton messager, envoie-moi »… Quelle belle mission avons-nous les uns les autres auprès de celles et ceux qui souffrent ! Accueillons cette mission dans la joie, le don de soi, mais aussi et surtout dans la prière.

Nous sommes donc invités à collaborer, marcher ensemble pour que la santé soit l’affaire de tous. La santé physique bien sûr mais aussi morale ; le moindre réconfort, la moindre aide de l’autre, c’est soigner, prendre soin. Saint Thomas d’Aquin, un grand théologien du 13e siècle, a écrit : « La santé est moins un état qu’une attitude, car elle s’accroît en fonction de la joie de vivre. »

Soigner, prendre soin, c’est aimer les autres et à travers les autres, c’est aimer Dieu : « Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. ».

Alors n’hésitons plus, avançons au large !

5° dimanche ordinaire 2-3 Février 2019

Livre de Jérémie, chap. 1

Psaume 70 (71)

1° lettre de Paul aux Corinthiens, chap. 12

Évangile de Luc, fin du chap. 4

 

Jérémie était un tout jeune homme, grand ado ou jeune homme, quand il comprit en lui cet appel. La nécessité urgente de remplir une mission, une mission qui avait quelque chose d’immense et de vaste, quelque chose d’impossible et de profondément désirable à la fois, nécessaire : transformer le monde où il était. C’est super exaltant et tellement terrifiant. C’est totalement fou, mais c’est le seul infini que l’on puisse envisager  quand on commence à embrasser l’existence. Jérémie sentait en lui-même des puissances de conquête et d’amour, de violence et de naissance : barbare et bâtisseur à la fois. Ceux qui ont eu des ados chez eux comprendront bien !

Mais parfois le poète génial (pré-Rimbaud ?)retombe sur terre : « je ne suis qu’un gamin, je ne sais rien faire« … Et la voix, en lui, insiste : « tu n’aurais pas ce rêve si tu n’étais pas des miens, tu es de ma tribu et tu ne le savais pas encore« …. « Je suis ton infini, tu es vierge de tout. Ce que tu veux, je le voulais aussi,. . Nous sommes frères de sang et frères de vouloir et de pensée et frères de parole. Aussi pauvre que toi, je t’attendais ; aussi généreux que moi, tu es capable d’aimer ».

Et Jérémie partit. Et Jérémie ne fut pas écouté. Ce qu’il disait tombait sur des gens  roulés en boule sur eux-mêmes. Qui n’avaient besoin de rien, qui ne  souhaitaient rien. Rien, sauf vivre sans horizon. Et Jérémie connut des moments d’intense douleur. Chaque mot de sa part lui revenait en mot de haine, et claquait sur lui comme un fouet. Et claquait sur Dieu, ce Dieu méprisé de tous invisible à tous et même à lui, et qu’il savait pourtant de science sûre. Un Dieu à qui lui, le tout-petit courageux, pouvait dire « Tu m’as séduit et je me suis laissé séduire »… Dieu, mon seul repos, le seul avec qui je sois bien… et pourtant … !

L’autre personnage de ce soir / de ce jour, c’est Paul. Le Seigneur l’avait fait chuter de sa hauteur ; il avait découvert à la fois Dieu, et qu’il avait des frères. Découvert que Dieu a un cœur empli d’humanité ; et le Nous des hommes est présence de Résurrection …

Lui aussi aura crié sa passion pour l’immensité de Dieu : «  ma vie c’est le Christ, je n’ai rien qui ne me vienne de Lui ».

Alors, il joue quitte ou double. Il sait ce que veut dire tout ou rien. Il ne peut pas être de l’eau tiède, ni en demi-mesure.

« En Christ Jésus je peux tout« 

Je sais à qui j’ai accroché ma vie et je sais tout ce qu’il a bouleversé en moi

Et de même qu’un jeune a choisi son héros, de même tout ce qui me vient de Jésus est super.  il m’est impossible de me lasser de lui, de même qu’il lui est impossible de me laisser, qui que je sois et quoi que je fasse. C’est de lui que j’apprends le meilleur de moi-même : ma capacité à aimer.

Et alors que le mot amour et tellement galvaudé, avec Jésus, je découvre qu’il peut y avoir en moi le même amour qui existe en Dieu. Un amour de don mutuel, une circulation, un mouvement. Un enfantement  réciproque, du Père –qui pense tout-, et du Fils –qui est Parole exprimée-, et du Souffle  -qui est support de ce parfum courant-de-vie.  En me donnant de tout le fond de moi-même, je me mets à exister au maximum …en vitalité, en totalité. En infinité. En grandeur.

 

Paul vivra cette vie immense en parcourant des kilomètres à pied, en caravane en bateau…

Jésus, son modèle, en a moins fait, mais il l’a fait autrement il a fait  découvrir que le voyage essentiel était de recevoir la vérité de l’autre en soi. que tout est intériorité.  C’est l’autre qui me porte la vie.

C’est le scandale pour ceux qui ne veulent que leur profit personnel.

 

Il parle de Naaman le généralissime syrien , l’homme de confiance du grand Roi, l’homme puissant qui a su écouter les conseils d’une gamine esclave chez son épouse . C’est alors qu’il peut guérir de ce qui l’excluait de la vie.

il parle de la pauvre veuve de Sarepta –au Liban– à qui le prophète demande pitance.  Elle donne tout ce qu’elle a …et tout devient infini.  le flacon d’huile devient inépuisable et le grain ne manque plus pour faire des galettes –de la pita—le pain de ce jour.

La devise du Prophète peut pénétrer en elle et pénétrer en nous. Haï Adonaï : de par le Dieu vivant devient sa ligne d’horizon.  La devise d’Élie claque au vent comme un drapeau de victoire. La seule perspective qu’elle avait était de mourir tout de suite  avec son fils. Mais le dialogue  avec Élie leur a ouvert une route d’espérance.

 

Avec le Christ tout est possible, même recevoir en moi la parole d’un inconnu et communier à sa vie.

Bien sûr, Jésus invite les gens de son village à quitter leur provincialisme, leur esprit de clocher. Mais surtout il fait découvrir que l’attitude de ces deux personnes est un appel pour nous tous à entrer dans l’amour de Dieu. il fait découvrir que le Seigneur Dieu ne parle pas seulement par un prophète labellisé mais aussi par toute personne dont l’attitude est marquée par la confiance et l’humilité.

Les gens exclus, les invisibles, Jésus révèle qu’ils sont image de l’Eternel, le Grand Invisible, le Grand Exclu. Ils sont de sa même nature. Il révèle que ces inconnus sont Parole de Dieu. Et la Bible fat chorus avec lui, qui dès le début en garde la mémoire.

 

Quand on est dans le tout de l’amour on a l’immensité qu’évoque Jésus…

… et sa liberté de Messie, de Consacré, passe entre les masses bruyantes qui hurlent contre lui … comme Moïse et son peuple passait dans le grondement des flots … du film de Cecil B de Mille, les 10 commandements(1956).

 

Si tu aimes, toi que le baptême a consacré, tu ne crains rien.

Avec Lui, tu peux tout.

Jusqu’a aller à la Croix, et donner vie au monde entier.

 

père dominique nicolas