fête de l’Assomption à Saint Joseph

Mardi 15 : 10 h 30, messe de l’ASSOMPTION

avec la participation de  TOMOE et du groupe SAKURA

et 18 H 00, à la chapelle, MESSE QUI PREND LE TEMPS suivie d’un pique-nique tiré du sac.


mercredi 16 août  : 19h30 concert du  groupe SAKURA (Chants liturgiques et traditionnels occidentaux et japonais)

homélie du dimanche 13 août 2017

par Francis ROY, diacre

 

En écoutant les lectures de ce dimanche, on pourrait se demander quel rapport il peut y avoir entre l’histoire du prophète Elie racontée dans la première lecture, et cet épisode de l’évangile où Jésus rejoint ses disciples en marchant sur l’eau. Pourquoi l’Église nous propose-t-elle aujourd’hui d’écouter ensemble ces deux textes ?

L’évangile est la suite immédiate du passage de la semaine dernière où Jésus avait multiplié les pains pour une très grande foule. Nous lisons aujourd’hui qu’aussitôt après, il ordonne aux disciples de s’en aller par le lac pendant que lui renverrait les foules. Étonnant, non ? Pourquoi cet empressement à éloigner ses disciples de la foule ? Cette foule, c’est celle qui vient de vivre un grand miracle, qui a reçu à manger en abondance, nourris par la puissance d’un seul homme. Toutes ces personnes veulent faire de cet homme leur roi, un chef politique puissant qui chassera l’occupant romain et rétablira le royaume d’Israël.

L’enthousiasme de cette foule est grand. Nous pouvons avoir une idée de ce qu’est l’enthousiasme d’une foule, nous qui vivons dans une époque où les rassemblements de foules sont si fréquents, que ce soit pour des événements sportifs, culturels ou sociaux. Nous connaissons aussi le danger potentiel de ces rassemblements, avec les débordements parfois dramatiques qu’ils favorisent. Jésus veut préserver ses disciples de ces phénomènes de foules qui nous font parfois perdre la raison en suivant un mouvement presque malgré

nous. N’oublions pas que c’est cette même foule qui criera, quelques temps plus tard, « crucifie-le ! » entraînée par seulement quelques meneurs. Jésus décide donc d’éloigner ses disciples immédiatement. Il leur commande de passer sur l’autre rive. Quant à lui, il se charge de renvoyer les gens, de disperser la manifestation. Puis il s’en va à son tour, mais seul, à l’écart, dans la montagne, pour prier. Comme le prophète Elie, dans la première lecture, s’était enfui dans la montagne, lieu symbolique où Dieu rejoint l’homme.

Dans les évangiles, chaque fois qu’on lit que Jésus s’éloigne pour prier, c’est qu’il va se passer quelque chose de très important. Pendant ce temps-là, ses disciples sont, dans la nuit, seule et désemparés dans la barque chahutée par les vents contraires. Combien de fois n’avons-nous pas nous-mêmes vécu ces moments d’angoisse, dans la nuit de nos doutes ; ces moments où les événements menacent de nous déstabiliser, où la marche du monde nous fait craindre le pire. Ces moments où la souffrance nous fait vaciller, ces instants où la peur nous aveugle, où le découragement nous anéantit. Quand nous nous croyons seuls sur notre barque face à des vents contraires, que la nuit nous paraît interminable, et que nous nous mettons à penser « Où es-tu, mon Dieu ? ». Comme Il nous semble loin, dans ces moments-là ! Comme Il nous semble indifférent à nos malheurs, à nos difficultés !

Il nous accompagne pourtant dans notre barque, nous qui le croyons absent, resté sur les rives du lac. Et quand, au beau milieu de la traversée, au cœur de nos angoisses, nous l’apercevons enfin, nous avons souvent du mal à le reconnaître. Alors, comme les disciples, la peur nous fait pousser des cris. Il faut qu’il nous rassure, qu’il nous parle : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur ! » Mais le doute reste le plus fort, et nous avons besoin de preuves : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau ! »

En effet, quand Dieu se manifeste, c’est toujours dans la discrétion, alors que nous l’attendons dans des manifestations spectaculaires. Il n’est pas dans l’ouragan ni dans le tremblement de terre ; il n’est pas non-plus dans le feu, mais dans le murmure d’une brise légère. Il n’est pas forcément là où on l’attendrait. Pourtant, si nous sommes vigilants, il nous sera plus aisé de le reconnaître. Qu’a-t-il été dit au prophète Elie ? « Sors dans la montagne, et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer ». C’est grâce à cette attitude d’attente qu’il va pouvoir le reconnaître lorsqu’il passera. A son époque, les dieux païens étaient censés être annoncés par la violence et la force des éléments : l’ouragan, le tremblement de terre, le feu… Mais Elie ne s’y est pas trompé. C’est bien dans le murmure de la brise légère qu’il a reconnu son Dieu, notre Dieu, le seul vrai Dieu. Celui qui vient à pas feutrés, sans s’imposer à notre regard, sans bousculer nos libertés.

Il vient et il nous appelle à quitter la barque pour le rejoindre. Mais avec ce vent qui ne cesse de nous tourmenter, ce vent de nos habitudes, de nos penchants, de nos douleurs, de notre incrédulité, le vertige nous prend, et la peur de sombrer. C’est alors que nous osons crier, avec Pierre : « Seigneur, sauve-moi ! ». Alors, aussitôt, Jésus nous tend la main et nous saisit en disant : « enfin ! Tu crois ! Pourquoi as-tu attendu si longtemps avant de t’ouvrir à moi ? Pourquoi as-tu douté ? » Et aussitôt, le vent tombe ! Tout ce qui nous effrayait disparaît avec les yeux de la foi. La confiance retrouvée nous fait proclamer notre foi avec les apôtres de la barque qui se prosternent devant Lui : « vraiment, tu es le fils de Dieu ! ». Et nous pouvons l’adorer sans détourner notre regard, nous pouvons nous tenir devant lui sans avoir besoin de nous couvrir le visage avec notre manteau, contrairement à Elie qui redoutait de voir Dieu face à face.

Sur un sujet tel que celui de la foi, on ne peut parler ni  d’expérience, ni de science : on ne peut livrer que le fond de son cœur.  La foi est quelque chose d’insaisissable, d’insondable. Sans doute parce qu’elle surpasse tout.  Et puis, tout cela est si étrange : le doute est un manque de foi, mais seule la foi peut nous sauver du doute. Le doute nous éloigne du Christ mais, dans le même temps, notre doute est une détresse qui attire sur nous sa compassion, et qui nous vaut qu’il nous tende individuellement la main, comme à Pierre, lorsqu’il s’enfonçait dans les eaux. Oh ! Oui ! En vérité, il est « grand » le mystère de la foi !

« Seigneur, chaque fois que je me trouverai dans la tempête, dans les moments de doute, de souffrance, de solitude, de lassitude dans ma foi, donne-moi de réentendre ta voix qui me dit : ‘Confiance, c’est moi, n’aie pas peur. Moi aussi, j’ai éprouvé la solitude et l’angoisse dans ma passion. Mais maintenant, vivant et ressuscité, je demeure à tes côtés. Unis ta souffrance à la mienne, tes peurs aux miennes. Tu expérimenteras alors la joie de la résurrection et de la vie nouvelle »

Amen.

agenda de la semaine

 


Samedi 12 : Mariage de STEPHANIE SARDIN et ANDY MICHEL

Dimanche 13 : Baptème d’ANNA GAUTHERIN

Mardi 15 : 10 h 30, messe de l’ASSOMPTION – avec la participation de  TOMOE et du groupe SAKURA

et 18 H 00, à la chapelle, MESSE QUI PREND LE TEMPS suivie d’un pique-nique tiré du sac.

16 août 19h30 groupe SAKURA (Chants liturgiques et traditionnels occidentaux et japonais)

17 – 22 Août : pèlerinage diocésain à LOURDES

Samedi 19 : baptême de Léo BUFFET

Dimanche 20 : baptême de Loanne CHAFFOTTTE-PERREIRA

19 et 20 août : PELERINAGE A PIED SUR LES PAS de ST BERNARD, DE FONTAINE à CITEAUX : Renseignements                      aux portes de l’église

Dimanche 27 : 17 h 00, concert de l’Ensemble Orchestral de Dijon

Mardi 29 : 19 h 30, réunion bilan de la catéchèse : Primaire, Aumôneries, MEJ

Mercredi 30 : 19 h 30, rencontre CCFD


à suivre au verso des feuilles hebdomadaires :  feuilleton de l’été, dans l’esprit de la lettre du pape François  sur le discernement des vocations «SORTIR, VOIR et ENTENDRE, PARLER !

LA FOI : QUE DIRE ? QUE FAIRE ?INSTITUT DE FORMATION PASTORALE : QUI SOMMES-NOUS ?L’Institut de Formation Pastorale organise une formation générale pour les personnes qui rendent un service en paroisse ou sont chargées d’une mission en diocèse, afin d’acquérir des éléments théoriques et pratiques pour mieux connaître, aimer et annoncer Jésus-Christ.L’institut fait partie du Pôle Formation et Catéchèse du diocèse et du département théologie du Centre Universitaire Catholique de Bourgogne.Tél. 03.80.63.14.50 – mail : formationdiocesedijon@gmail.com Site web : http://www.formationdiocesedijon.org

 


homélie du dimanche 9 juillet 2017

par Francis ROY, diacre

L’évangile du jour promet le repos, et ça tombe bien, en ce début de période de vacances. N’est-il pas légitime d’aspirer au repos ? Après une année de travail ou d’activité, nous pouvons aspirer à faire la coupure, à souffler, à prendre un temps de détente…

Les vacances sont, en effet, une période favorable pour rompre le rythme de l’année, changer d’air pour ceux qui partent. Avec le

Christ, déposons notre fardeau, posons un regard différent sur la vie et sur ceux que nous rencontrons, revenons à la source…

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples » De telles paroles ne nous laissent pas indifférents. Avouons que lorsque nous entendons parler de  prendre sur ses épaules un joug, notre première réaction est plutôt négative. Car comment comprendre cela autrement qu’en termes de poids et de charge que nous aurions à porter en plus d’une vie déjà bien remplie de maux et de peines.

Pour bien comprendre ce que Jésus exprime par ces propos il convient de revenir au début de sa prise de parole dans notre passage d’évangile. Dans un premier temps, il s’était exclamé : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Et ensuite : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ». Autrement dit, Jésus nous avertissait que ce que le Père allait nous révéler à travers lui est de l’ordre d’une sagesse qui dépasse notre stricte rationalité humaine. Le contenu de cette révélation : son joug qu’il nous invite à prendre n’est pas destiné à nous surcharger, mais au contraire à nous soulager de nos fardeaux afin de venir nous reposer auprès de lui.

« Prenez sur vous mon joug, nous dit Jésus, il est facile à porter. » On ne voit plus de joug, cette pièce de bois posée sur le cou des animaux de trait pour les lier, depuis que les attelages de bœufs ont été remplacés par les tracteurs. La racine du mot joug, que l’on retrouve dans conjugal ou yoga, signifie relier, unir. Le joug fait tenir ensemble, met en alliance. Il a même la forme d’une accolade, ce signe fait de deux courbures pour relier des mots ou des lignes. Et se donner une accolade c’est s’embrasser en se tenant par le col, le cou.

Le joug peut peser sur nos épaules, mais quand on est deux, côte à côte, il répartit le poids et accroît la force. Il procure de l’aide et du réconfort. Il permet d’agir en tandem, de collaborer plus efficacement, de s’aimer de manière plus proche et plus forte. Aussi Jésus précise-t-il que son joug est facile à porter.

La Parole de Dieu et les commandements, qui appellent à vivre et à aimer, peuvent être lourds. Mais, attelés à Jésus, nous n’avançons plus seuls. La Parole de Dieu est le joug qui nous tient en alliance, en compagnonnage avec Jésus. Et Jésus transforme la Loi en un joug facile à porter, car il en fait un poids d’amour et de vie.

Nous savons bien qu’il y a des poids qui nous rendent légers et forts ! Porter un enfant dans ses bras rend parfois la marche plus facile. Et quand l’être aimé pose son bras sur notre cou ou notre épaule, c’est un joug qui rassure et encourage. Il y a des charges familiales qui peuvent être épuisantes, mais est-ce qu’elles ne retiennent pas à la vie en empêchant de sombrer ?

Mais d’autres nous écrasent ! Alors, Jésus appelle tous ceux qui peinent sous le poids des ans, des maladies, de la souffrance, des soucis ; ceux qui ploient sous le fardeau des échecs, des péchés, de la culpabilité ! Les blessés de la vie et de l’amour. Nous tous, un jour ou une nuit. Et Jésus nous procure le repos en nous attachant à lui comme le naufragé à la bouée de sauvetage. Au milieu des tempêtes et des ouragans, le joug qui nous relie à Jésus nous rattache à la vie et au bonheur.

Il y a les moments d’épreuve, mais il y a aussi des moments de joie, où la vie est plus légère, plus rayonnante, plus paisible. C’est ce que nous montre Jésus. Après s’être durement heurté avec les scribes et les pharisiens, il se retourne vers son Père pour lui adresser une prière de louange, et le remercier, à partir de ce qu’il voit : Alors que ceux qui croient tout savoir, n’ont pas une attitude d’ouverture à la parole de Jésus, la bonne nouvelle est bien reçue par ceux qui ont un cœur de pauvres : « Père…ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père tu l’as voulu ainsi dans ta bonté… » Savoir dire merci à Dieu, comme Jésus ; s’émerveiller de la beauté de la vie, de ce qui est vécu avec les autres, des moments de bonheur… Voilà une prière possible en vacances, que l’on peut dire avec ses enfants ou petits enfants…

Pendant cette période de repos, prenons le temps de regarder, d’être attentifs, à la manière de Jésus. Sur les routes de Galilée, Jésus est attendu, sollicité, suivi

par des gens ordinaires, ces petits dont parle l’évangile, pour qui les paroles de Jésus ouvrent une espérance… Ces hommes et ces femmes, nous en croiserons sur nos routes de vacances. Portons sur eux le regard de Jésus, sachons les écouter, recueillir ce qu’ils nous disent… Dans leur langage souvent simple et vrai, qui ne s’encombre pas de formes ou de mots compliqués, ils peuvent nous révéler quelques traits du visage du Christ.

Regarder à la manière de Jésus, c’est regarder avec les qualités du cœur de Jésus « doux et humble de cœur » : dans la Bible, la douceur c’est la capacité d’écouter, de s’émerveiller et d’accueillir. L’humilité, c’est le chemin si déroutant de Jésus, « roi humble et monté sur un âne ». Douceur et humilité nous mettent dans cette attitude d’écoute, de réceptivité, qui nous permet d’être attentifs à l’autre, de l’entendre, de le voir…

Jésus nous montre qui est Dieu, en attirant notre attention sur sa propre personne. Il est Dieu lui-même, vrai Dieu et vrai homme, et ainsi il nous montre le chemin pour parvenir au bonheur. Ce que lui-même vit et fait en tant que Dieu, il le vit et le fait aussi en tant qu’homme. Nous pouvons donc, nous qui sommes aussi des hommes, faire de même. Nous appuyer sur ce modèle, sur ce roi humble et serviteur des pauvres, qui prend sur lui leur joug.  Jésus nous montre que c’est possible. Nous sommes capables, nous aussi, d’agir autour de nous avec la même compassion pour nos frères qui sont dans le besoin, dans la difficulté, dans la souffrance, en portant avec eux le fardeau de leur peine, en nous liant par l’amour à leur joug, et en marchant, avec eux, d’un même pas, dans l’amour.

Alors notre vie et nos vacances deviendront ainsi prière, une prière qui fera de nous les bienheureux des « béatitudes » promises par le Seigneur.

Amen.

 

HEUREUX, BIENHEUREUX !

POUR LA MESSE DE L.C.E 12/06/2017.

Le premier mot de Jésus à la foule de tous ceux et celles en attente de salut est « Heureux ». On peut être sûr que ces personnes que Jésus déclare heureuses ne se considéraient pas telles ! Et c’est une question pour nous aujourd’hui : si Jésus déclare heureux telle ou telle catégorie de personnes, il y a sans doute un effort de conversion à faire pour nous « retrouver » dans l’une ou l’autre de ces catégories. N’oublions jamais que Dieu nous a crée pour que nous soyons heureux. Le bonheur fait partie intégrante de notre foi. C’est un trésor offert, à nous de le recevoir librement. A nous d’accepter d’être heureux. Il faut du temps  pour comprendre que le bonheur peut être là, au fond de nous, tout en vivant des épreuves difficiles, douloureuses, car le Seigneur a mis en nous sa vie, sa force, sa paix…

L’évangile de saint Matthieu nous donne les neuf grandes béatitudes. C’est la grande règle de vie donnée par Jésus au début de ses discours d’enseignement. Mais savez-vous qu’il existe une centaine de petites béatitudes réparties dans les livres de la bible, en particulier le psautier. « Les petites béatitudes » sont simples. Elles n’ont pas, comme les « grandes » l’air du majestueux portail ouvrant sur la sagesse nouvelle du Christ ! Elles sont plutôt des portes de côté où chacun peut aller et venir dans la vie chrétienne sans se faire remarquer, sans efforts trop grands. Ce sont les portes d’entrée des pauvres, des modestes, des petits que nous sommes, appelés néanmoins à l’unique sainteté. Ces petites béatitudes sont des repères concrets, simples, humains, souvent souriants sur le chemin qui mène à Dieu et à la joie d’être frères et sœurs. Elles sont un art de vivre et en passant par elles nous découvrons une grande variété de trésors. Dieu désire plus que tout notre bonheur et la joie en nous est signe de sa présence.

« Heureux tes gens, heureux tes serviteurs qui se tiennent continuellement devant toi et qui entendent ta sagesse ! » C’est la reine de Saba venu interroger le roi Salomon sur les questions qui la perturbaient qui chante, dans le premier livre des rois au chapitre 10, son émerveillement pour les réponses reçues. Qu’est-ce qui provoque les recherches de notre intelligence et de notre cœur ? Où se tient continuellement notre esprit ? Il y a un choix à faire : que lisons-nous ? Que regardons-nous ? Qu’est-ce qui entre dans notre intelligence, dans notre imagination, dans notre esprit ? Nous ne pouvons pas tout lire, tout voir. Il y a aussi des choses mauvaises qui ne doivent pas entrer en nous parce qu’elles nous détournent de Dieu et des autres. La voie royale de développement de notre vie spirituelle est celle des Écritures. Habité par les psaumes, par les paraboles de Jésus, par les prédications des apôtres, le cœur s’oriente vers Dieu et s’élève jusqu’à la vraie sagesse. Et la Parole de Dieu renvoie au monde ce qui rend nécessaire la lecture du journal !

« Heureux qui est absous de son péché ! » C’est la béatitude du pardon que nous donne le psaume 31. Recevoir le pardon de Dieu est une des plus belles choses que nous puissions vivre en ce monde. Pour prendre conscience de ce bonheur, il n’est pas nécessaire d’avoir commis de grandes et graves fautes, les péchés habituels suffisent ! Il est nécessaire avant tout de comprendre que nos offenses blessent d’une part quelqu’un qui nous aime, Dieu, qui mendie notre amour et d’autre part aussi nos proches. Heureusement, Dieu fait toujours miséricorde, il nous offre son pardon. A nous de l’accepter pour pouvoir pardonner à notre tour.

 »  Heureux l’homme que tu reprends, Seigneur ! (Psaume 93, 12-13) Être repris, « corrigé », pour reprendre le mot fort d’un ami de Job dans une béatitude semblable (Job 5, 17), est-ce un bonheur ? Pour augmenter notre étonnement, lisons la béatitude du psalmiste en entier : « Heureux l’homme que tu reprends, Seigneur, et que tu enseignes par ta loi, pour lui donner le repos aux mauvais jours ». Subir une bonne correction, recevoir un enseignement vigoureux, permettent de nous sortir de ces mauvais jours où nous étions sans la lumière du Seigneur. C’est un étonnement, car nous ne sommes pas habitués à penser qu’une bonne leçon « remet les idées en place », comme nous le disons familièrement. Il nous est bon parfois d’être secoués « pour nous arracher à nos penchants mauvais », selon l’expression liturgique. Nous le savons : des habitudes se prennent vite : celles de critiquer les autres, de rechercher son petit confort personnel, etc. Une longue liste, désagréable, peut être faite ! Or, nous pouvons constater que le Seigneur ne va pas nous « chapitrer » ni établir la liste de tous nos défauts. Nous serions écrasés de honte, et surtout, ce serait inutile, tant la réforme de nos vies est une œuvre inépuisable… Le Seigneur agit autrement. Il ne condamne pas la Samaritaine, il la met devant sa réalité. Ainsi pour nous, il ne montre qu’un seul point, qu’une chose à travailler. Si nous cherchons à « corriger » ce point-là, sa grâce commencera de guérir tout le reste. Dieu ne nous demande pas d’être des héros, mais des femmes et des hommes qui cherchent humblement à se convertir, pas seulement pour leur amélioration personnelle, mais d’abord par amour pour lui et pour autrui.

« Heureux ton élu, ton familier, il demeure en tes parvis ! » Quelle tendresse dans cette béatitude donnée par le psaume 64. Le Seigneur introduit son serviteur dans son intimité. Et tous sont élus car dans l’Ecriture l’élu est l’exemple, le signe de ce que Dieu désire pour tous. Avoir été regardé par Dieu illumine notre personnalité. Les fiancés le savent bien : ils se sont vus et un jour ils ont prononcé le nom de l’autre. Dieu connaît ainsi le nom de chacun. Comment percevoir en notre cœur que Dieu nous appelle à partager son intimité ? Il y a sûrement une part de mystère mais une bonne voie est celle de la prière liée aux événements de notre vie. Celui qui cherche à la lumière de sa prière l’humble sens de ce qui lui arrive, celui qui enfouit dans son cœur les événements de sa vie comme le faisait la Vierge Marie, progressivement voit la lumière monter en lui : un détail, une rencontre, une parole entendue, vont éclairer son cœur attentif. Il ne se sentira plus seul car une présence discrète se fera sentir. Et c’est souvent dans les passages difficiles de notre existence, lorsque les ténèbres semblent s’épaissir sur nous, que nous sentons la main de Dieu prendre doucement la notre pour nous relever. L’expérience pascale, sortir de notre mort pour respirer enfin avec Dieu dans la vie, est le lieu privilégié où nous voyons que nous sommes quelqu’un pour Dieu. Dieu est là pour moi, j’existe pour lui, c’est une nouvelle naissance.

La joie qui jaillit du fond de nous-mêmes permet de traverser les nuits, les orages… Ces « petites béatitudes » nous accompagneront

pour que nous ne manquions pas les portes qui ouvrent sur le bonheur de notre Dieu.

Il ne nous reste plus maintenant qu’à reprendre nos bibles pour partir à la recherche de ces merveilleuses petites béatitudes qui illumineront notre route vers le Royaume.

Amen.

Francis ROY

homélie de Pentecôte ( 4 juin 2017)

par Claude Compagnone, Diacre

Que faisons-nous de notre liberté ? Que construisons-nous avec cette liberté ? Comment mettons-nous en ordre notre vie pour qu’elle réponde pleinement à la liberté qui nous est donnée ? Que faisons-nous pour que cette liberté soit complète ? Telle est l’interrogation à laquelle nous conduit l’événement de la Pentecôte. Ce n’est donc pas une petite interrogation, une petite curiosité intellectuelle, mais bien une interrogation essentielle qui nous engage dans notre être tout entier, dans notre énergie, nos choix et nos désirs. Mais s’il s’agit bien ici de liberté, il ne s’agit pas d’une liberté que nous aurions arrachée de nos propres mains, à la force du poignet, mais de cette liberté que Dieu nous donne.

 

Dieu nous offre la liberté, soyons en certains ; il n’est pas le Dieu de l’esclavage, il est le Dieu de la liberté. C’est ce que fêtent les juifs et les chrétiens au moment de Pâques. Les juifs célèbrent la sortie d’Égypte, ce moment sans commune mesure dans leur histoire, où Dieu s’est penché sur son peuple et l’a délivré du joug de Pharaon. Nous, chrétiens, nous célébrons à Pâques ce don supplémentaire, ce don suprême que Dieu nous a fait en nous libérant, par son Fils, de l’esclavage de la mort. A travers la résurrection du Christ et de la promesse de la vie éternelle, nous sommes libres. Paul le rappellera maintes fois dans ses lettres, à temps et à contretemps : rien – ni la haine, ni les hommages ; ni le luxe, ni la pauvreté ; ni le malheur, ni le bonheur - rien, ne peut nous arracher cette liberté qui nous a été donnée en devenant enfant de Dieu ; rien, ne peut nous retrancher de l’amour de Dieu.

 

Assurément, libre, nous le sommes, mais comment agir conformément à ce don de la liberté, sans le dégrader, sans le mépriser ? Comment nous laisser orienter et entrainer, comme un bateau aux voiles gonflées du souffle du grand large,  par l’esprit de liberté ? Comme ne pas retomber en esclavage ? En effet, être libre c’est connaître aussi l’inconfort de la responsabilité de ses choix et de ses alliances. Comment donc être aidé dans l’orientation de choix qui soient à la hauteur de notre liberté ?

 

Il faudra aux apôtres ce temps de cinquante jours après la résurrection du Christ pour vivre et ruminer l’interrogation de cette liberté de la vie sans limite, pour être disposés à recevoir pleinement le souffle de l’Esprit de Dieu. Pierre parlera de recevoir « une part de l’Esprit de Dieu », un peu plus loin dans ce chapitre 2 des Actes des Apôtres. Il faudra aux Apôtres cinquante jours de maturation, c’est-à-dire un temps complet, fait de 7 fois 7 jours, pour pouvoir être pleinement des réceptacles « d’une part de l’Esprit de Dieu ». Il leur faudra ne plus savoir quoi faire après le départ du Christ pour accepter de s’abandonner complètement à Dieu et devenir réceptacle d’une part de son Esprit.

 

Nos frères juifs fêtent aussi la Pentecôte. S’il est dit dans le livre des Actes des Apôtres que les Apôtres se trouvaient réunis au moment de Pentecôte, c’est parce qu’ils se sont retrouvés pour fêter, en tant que juifs, l’alliance que Dieu à passer, au Sinaï, après la sortie d’Égypte, entre lui et son peuple. Une fois libéré de Pharaon et avoir traversé la mer Rouge, il a fallu aussi au peuple juif un temps de maturation au désert pour savoir ce qu’il allait faire de cette liberté. Il a fallu qu’il se demande comment il pouvait la vivre, amplement sans la dégrader, sans retomber en esclavage. Les chapitres 19 et 20 du livre de l’Exode nous disent comment Dieu donne alors à son peuple « des paroles », que l’on appellera aussi commandements, pour l’orienter dans le maintien de sa liberté.

 

Dans les Actes des Apôtres, Dieu passe une nouvelle alliance avec les hommes. Il offre alors aux Apôtres, non pas « des paroles » comme au Sinaï, mais son Esprit même : l’Esprit Saint, une part de son Esprit, à lui, Dieu ; il envoie le souffle de ses pensées et de ses paroles, le souffle de sa force de création et d’amour. En envoyant son Fils bien-aimé auprès des hommes pour les délivrer du péché et de la mort, il a franchi un cran supplémentaire dans la liberté offerte aux hommes. A la Pentecôte, il franchit, là-encore, une étape de plus dans l’alliance qu’il scelle entre lui et son peuple : il n’envoie pas « des paroles » comme il l’a fait dans le Désert du Sinaï, mais il envoie « une part de son Esprit », pour que les hommes soient paroles de Dieu.

 

Mesurons-nous vraiment la chance que nous avons de pouvoir recevoir une part de « l’Esprit de Dieu » ? Mesurons-nous vraiment l’importance de cette fête de Pentecôte qui nous dit que les moyens d’être libre nous sont donnés par Dieu ? Création de Dieu, nous le sommes dans la matière de notre personne dont Dieu est à l’origine. Mais création de Dieu nous le sommes encore plus, en surabondance, dans notre esprit, par cette « part de son Esprit » que Dieu met directement en nous, si tant est nous acceptons de le recevoir et d’en être le réceptacle.

 

Cadeau suprême et signe de sa proximité avec l’homme, Dieu nous donne une part de son Esprit. Il en fait le carburant du moteur de notre vie de chrétien, pour nous faire avancer plus loin, pour que nous puissions donner notre énergie d’amour et de création au monde. Il confirme et affermit la liberté gagnée sur la mort en nous donnant, si nous l’acceptons, le moyen par l’Esprit de garder cette liberté. Plus qu’en communication avec Dieu, nous sommes alors par l’Esprit en communion avec lui. Il s’agit de cette communion joyeuse que nous pouvons expérimenter dans la vie de couple ou dans une relation d’amitié quand nous nous savons, sans parler, complètement en accord avec l’autre.

 

Et ce souffle de l’Esprit, Dieu le propose à l’humanité en entier. Les Apôtres, après la venue sur eux du Saint Esprit, se font parole de Dieu pour tous. Ils parlent en langue pour tous, sans limite. L’Esprit de Dieu est généreux, sans frontière, il souffle où il veut et quand il veut, et il grandit en étant partagé. Il rend joyeux.

 

Sœurs et frères, ouvrons notre cœur, rendons-nous disponibles au souffle de l’Esprit pour en être réceptacle. Laissons-nous envahir, dilater et déborder par cette grâce et cette force qui nous dépassent.

Sœurs et frères vous êtes beaux quand vous êtes réceptacle de l’Esprit Saint.

 

Que l’Esprit de Sainteté vienne nous embraser !

 

GLOIRE AU PERE PAR LE FILS DANS L’ESPRIT

Le SEIGNEUR vint se placer auprès de Moïse.
Il proclama son nom :
« LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR,
Dieu tendre et miséricordieux,
lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »
Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna.
Il dit :
« S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux,
daigne marcher au milieu de nous. Et tu feras de nous ton héritage. »

 

Marie-Noëlle Thabut

Ce texte est l’un des plus précieux de toute notre histoire ! Dieu lui-même parle de lui-même : « Il proclama lui-même son nom », dit le texte. Et la réaction spontanée de Moïse qui se prosterne jusqu’à terre prouve qu’il a entendu là des paroles extraordinaires.

Et que dit Dieu ? Il s’appelle « Le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. » Ce nom « SEIGNEUR », c’est le fameux mot hébreu, en quatre lettres, YHVH, que nous ne savons pas prononcer, parce que, depuis des siècles, bien avant la naissance de Jésus, le peuple d’Israël s’interdisait de le dire, par respect. Ce nom-là, Dieu l’avait déjà proclamé devant Moïse dans le buisson ardent (Ex 3). En même temps qu’il lui révélait ce qui fut pour toujours, je crois, le socle de la foi d’Israël : « Oui, vraiment, disait Dieu, j’ai vu la souffrance de mon peuple en Egypte, je l’ai entendu crier sous les coups, je connais ses souffrances… Alors je suis descendu pour le délivrer… alors je t’envoie. » C’était déjà une découverte inouïe : Dieu voit, Dieu entend, Dieu connaît la souffrance des hommes. Il intervient en suscitant des énergies capables de combattre toutes les formes de malheur. Cela veut dire que nous ne sommes pas seuls dans les épreuves de nos vies, Dieu est à nos côtés, il nous aide à les affronter, à survivre. Dans la mémoire du peuple juif, ce fameux nom « SEIGNEUR » rappelle tout cela, cette douce pitié de Dieu, si j’ose dire.

d.n.

Avec l’Incarnation, c’est-à-dire le fait que la parole du Dieu éternel puisse devenir de la matière et s’insérer dans le temps, avec la naissance de Jésus et sa résurrection, le mystère de la Sainte Trinité est la réalité la plus forte la plus belle, la plus indispensable.

Par Jésus, le Christ-Parole, au lieu de « croire en Dieu » de la manière extérieure que propose le monothéisme, nous « visitons l’intérieur  du Seigneur Dieu », dans sa vie personnelle, selon la vérité et  la profondeur de ses liens.

Celui qui reçoit le baptême est plongé en Christ. Il est immergé dans la façon d’être et de faire de Jésus. Il accepte d’être nettoyé de tout ce qui empêche la ress

emblance avec Jésus. Il choisit d’être en relation avec les autres et avec le monde comme Jésus. Celui qui accepte cela est libéré de tout pour explorer un monde nouveau. Lorsqu’on est baptisé, la formule dit : « je te baptise au nom de … c’est-à-dire : « à

l’ordre de  ». Je fais un transfert à l’ordre de…» : Tu es trésor du Père et du Fils et de l’Esprit. Tu appartiens à son mystère. C’est Dieu en personne qui plonge en toi. Le Père est celui qui parle ; l’Esprit est le souffle qui porte la compréhension et l’intelligence ; le Fils, celui que l’on voit et que l’on entend, celui que l’on peut toucher et recevoir, pour que nous puissions lui devenir semblables et habiter en Dieu. Ils sont la communion et la communication. Ils sont l’action et la liberté. Le dynamisme de la Sainte Trinité de trois Personnes es

t l’admiration et l’amour : AGAPÈ. Le Père est la source de l’amour ; le Fils est le bien-aimé ; l’Esprit se donne et qui fait qu’on se désire l’un l’autre. En fait, la Trinité est comme une invention du Seigneur lui-même pour nous faire entrer dans sa vitalité. Dieu fait découvrir quelque chose de lui pour rendre imaginatifs autant que lui. Libres autant que lui. Réels, autant que lui.

 

Le Dieu chrétien est un univers en mouvement. La vie chrétienne est un voyage qui donne trois compagnons de route, trois compagnons de vie.  C’est un voyage et un univers qu’on n’en finit pas d’explorer et de découvrir.

Actes d’apôtres : CREDO

Actes d’apôtres  : CREDO           chanté à la Messe d’Action de Grâce au lendemain de la Confimation                                                                                                                                Actes_d_apotre_O

1 – Tu crois que l’amour n’a pas de frontière
Tu crois que donner ouvre un avenir
Tu crois qu’un sourire peut plus qu’une guerre
Tu crois en Dieu qui croit en l’homme
Tu crois en Dieu qui croit en toi

Alors viens écrire tes actes d’apôtre
Ouvrir une page à son Esprit
Alors viens écrire tes actes d’apôtre
Une page avec Lui.

2 – Tu crois en un Dieu aimant comme un père
Tu crois qu’en ses mains tout est création
Tu crois qu’il t’attend pour bâtir la terre
Tu crois en Dieu qui croit en l’homme
Tu crois en Dieu qui croit en toi

3 – Tu crois qu’en Jésus Dieu s’est fait tout proche
Tu crois que sa vie a vaincu la mort
Tu crois qu’aujourd’hui encore il s’approche
Tu crois en Dieu qui croit en l’homme
Tu crois en Dieu qui croit en toi

4 – Tu crois que chacun est pierre d’Église
Tu crois que l’Esprit nous met en chemin
Tu crois en la vie que Dieu a promise
Tu crois en Dieu qui croit en l’homme
Tu crois en Dieu qui croit en toi

Jean Jacques Juven

homélie du 7 mai 2017 ( le Bon Berger)

par le Père Dominique NICOLAS

Dans une époque secouée par des violences et des égoïsmes de toutes sortes — mais ce n’est peut-être pas la première fois –, cela fait du bien de recevoir un discours aussi paisible que celui de Jésus. Cela fait du bien d’être avec Jésus.

Alors, je voudrais que nous commencions par l’admirer.

Il est celui qui nous connaît chacun personnellement par notre nom. Nous existons pour lui. La musique de sa voix nous touche et nous rassure au plus profond de ce que nous sommes. Nous pouvons le suivre. Nous sommes touchés un peu dans l’enfance de nous-mêmes, là où nous entendions les berceuses et les mots rassurants quand nous avions peur d’être seuls, dans le noir. C’est le psaume 131 qui reprend cette même image : il nous dit « mon âme est en moi comme un enfant comblé près de sa mère« .

La parole de Jésus nous donne la confiance d’avoir un Père, sa voix nous mène au commencement du monde et de nous-mêmes. La parole du Dieu des origines est notre naissance, celle de Jésus nous mène au futur de l’éternité.

Jésus est l’homme qui nous permet d’être paisiblement libres, sans les inquiétudes permanentes de « comment allons-nous faire ? » ou du « que vais-je devenir ? ». Avec lui, on peut aller et venir, sans blocage ni interdit.

Lui-même, comme on dirait aujourd’hui, n’a « rien à vendre ». Il ne cherche ni à nous capter, ni à nous ligoter. Il n’est pas un séducteur, il n’est pas un dictateur. Jésus est la générosité même qui nous aime pour nous-mêmes, et non pas …pour les voix que nous pourrions lui apporter ( !).

Il est un bon berger, il est un beau berger. Son seul but est de donner en partage sa bonté et sa beauté. Peut-être même tout simplement, de nous révéler notre beauté et notre bonté. Si nous avons confiance en lui, c’est peut-être parce qu’il nous révèle qui nous sommes, et que nous ne savions pas, ou ne savions plus, ou ne voulions pas savoir, ou que nous masquions.

Jésus nous libère de tout, et même de nous-mêmes.

Alors : comment un chrétien pourrait-il avoir peur ? Comment pourrait-il faire peur ou répandre la peur ?

Jésus est la porte entre l’intérieur et l’extérieur, entre le fond de nous-mêmes et le reste du monde, entre le nous ensemble sur terre et le monde de Dieu ; entre le Dieu qui est un Père, et l’ensemble des humains, qui se révèlent frères. Jésus est porte, il est passerelle, il est chemin et route. Il souffle son Esprit pour que « la terre et le fruit du travail des hommes » deviennent présence réelle de Dieu, comme dit la prière de la messe, pour que  le Seigneur Dieu s’engouffre parmi nous, et pour que l’homme devienne communion à son tour.

Jésus se réjouit des choses de cette terre, comme le Dieu créateur s’en réjouissait et les bénissait.

Jésus est bénédiction pour tout être vivant. Or, si bénir = dire du bien, comment un chrétien pourrait-il dire du mal de cette terre et de son frère ? Il n’en a pas le droit, c’est tout.

Les deux autres textes bibliques de ce jour nous en donnent l’illustration. C’est bien sur Jésus que les Apôtres « prennent modèle ». Comme dit Pierre, ils « suivent ses traces » en dialoguant avec les foules qui recherchent la vérité… Ils entendent leurs questions, et les gens « sont touchés au cœur » … Rien d’artificiel ni de superficiel. Le Christ Jésus est leur seule richesse, « pour eux,  vivre, c’est le Christ ».

C’est cela, un chrétien : quelqu’un qui entend et qui parle personnellement ; quelqu’un de fiable en qui se dit la promesse de Dieu et son alliance « pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin ». Quelqu’un qui va jusqu’au bout.

Alors, il est possible de comprendre …un peu… ce qu’est la Résurrection : le Christ ne peut ressusciter que pour nous et en nous. Il n’est pas enfermé sur lui-même, mais se donne par nous.

Sa résurrection est à proportion de notre capacité à admirer et à bénir. À l’admirer et à bénir nos frères.

Que vienne son Esprit pour cela !

Amen.

 

 

POUR 50 ANS DE ROUTE COMMUNE … MERCI !

L’Amour est une route …

Il y a 50 ans, le 9 mai, devant Toi, Seigneur, nous nous disions oui pour la vie, sans bien savoir ce qui nous attendait, mais nous étions confiants.

Présent à tout  moment, tu nous as accompagnés sur cette route en nous apprenant que :

L’Amour n’est pas un OUI triomphant, énorme point final qu’on écrit en musique, au milieu des sourires et des bravos, mais il est multitude de « oui » qui pointillent la vie, parmi une multitude de « non » qu’on efface en marchant.

Il n’est pas robe ou costume prêt-à-porter, mais il est pièce d’étoffe à tailler, à monter et à coudre.

Il n’est pas appartement, livré clefs en main, mais il est maison à concevoir, à bâtir, à entretenir, et souvent à réparer.

Il n’est pas sommet vaincu, mais départ de la vallée, escalades passionnantes, chutes dangereuses, dans le froid de la nuit ou la chaleur du soleil éclatant.

Ainsi être FIDÈLE, ce n’est pas :

ne pas s’égarer, ne pas se battre, ne pas tomber,

mais c’est toujours se relever et toujours marcher.

C’est offrir la confiance à l’autre au-delà des ombres de la nuit.

C’est avoir foi en l’Amour tout-puissant, au-delà de l’amour.

Pour toute cette route parcourue ensemble, Seigneur, nous te disons merci, et devant vous tous, nous nous redisons oui, pour 50 ans …

Et, en ce jour des vocations, Seigneur, nous te confions tous ces jeunes qui se préparent au mariage, à la prêtrise, afin qu’ils ne désespèrent jamais de ton Amour.

 

JEAN-FRANCOIS & CHANTAL