« Un bon catholique se mêle de politique, en offrant le meilleur de lui-même » pape FRANÇOIS
Un député, deux conseillers régionaux, plusieurs conseillers municipaux. Un prêtre –qui en témoigne ici- .
Sur la table, tard dans la soirée, l’un de nous sort une bouteille de vieille poire.
C’est une première prière qui se termine … à la bourguignonne !
D’où viennent tous ces gens ? (comme dirait le livre de l’Apocalypse)
Lors d’élections municipales, j’avais constaté que, parmi les amis de la paroisse où j’étais, quasiment toutes les tendances en lice (sauf les extrémistes !) étaient représentées. Les vieux réflexes me firent penser qu’un bon dialogue (une Révision de vie) serait utile pour aller en vérité. Il y allait aussi du sérieux de mon accompagnement : Puisqu’ils étaient capables de se côtoyer dans la prière, c’était l’occasion de s’écouter, de comprendre comment des options antagonistes s’alimentaient tout de même dans une foi commune ; comment il pouvait se faire que des personnes toutes sincères pouvaient choisir des engagements idéologiques opposés … Donc, témoigner de ce que leur liberté dans la foi était tout autant à l’œuvre…
Bref : même si cette Église les mettait parfois mal à l’aise lorsqu’elle « moralise » sur les politiques … tout en leur demandant des services … qu’ils se sachent estimés par elle.
Avec un des candidats (de la majorité locale de l’époque –le RPR–), les choses se sont précisées : plutôt que de risquer les conversations de « café du commerce », nous avons visé uniquement les acteurs de la politique, ceux qui « vont au charbon » et « ont les mains sales » : qui ont quelque chose à dire, une conversion réelle à opérer, un milieu à évangéliser…
« Allons à l’écart », » en eaux profondes » …
Les carrefours posaient ces questions à la bonne cinquantaine de présents :
Quelle démarche m’a amené(e) à la politique ?
Quelle place prend cet engagement dans ma vie ?
Avons-nous désenchantement, ou espérance ?
Quelle conversion ai-je à faire ?
Quel merci, pour tout ce que cet engagement m’apporte ?
L’un des participants écrivit à la fin : « Ce fut la confirmation que Dieu n’est ni à droite ni à gauche, comme il n’est ni français, ni européen, ni bourgeois, ni prolétaire, ni chrétien, ni juif, ni musulman, mais bien Dieu universel, en même temps au dessus et au dedans de tout cela » ; « cette rencontre a prouvé comment des catholiques peuvent vivre pleinement leur foi dans une société profondément sécularisée ».
« Garde ta lampe allumée car Il vient »
Leur agir quotidien est tissé de « petites » décisions qui n’ont pas grand chose à voir avec les grands débats, mais les incarnent, comme fit le Christ Jésus, au ras du vécu : humilité de l’acteur responsable … C’est juste en ces gestes au jour le jour qu’ils reçoivent la communion avec l’autre : des participants aux étiquettes opposées découvraient qu’ils avaient sacrifié toute promotion personnelle à leur service du bien commun…
Et parce que c’est important pour qui exerce le pouvoir, être disciple fiable s’oppose à une « politique de gribouille » : il faut que chacun fasse bien son métier, par respect de ceux qui leur ont confié une tâche à accomplir.
« Suivre jésus, disait l’un eux après Saint Matthieu, c’est savoir que « Vous rendrez compte de toute parole inutile » (12,36) … « Vous n’avez qu’un seul Maître, le Christ » (23,10)…