* homélie du 4 septembre 2022

par le père Denis ERAZMUS

« Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre ses volontés » interroge le Sage dans la 1ère Lecture. On peut dire bien des choses sur Dieu mais jamais nous ne pourrons l’enfermer dans nos mots, nos expressions, notre pensée ni même dans notre cœur. Car Dieu est au-delà ! Il est indicible et pour parler de Lui, nous avons besoin de nous laisser instruire par Lui, plein d’une Sagesse qui dépasse toute sagesse humaine et qui prend corps, qui prend
chair humaine en la personne de Jésus, son Fils Bien-Aimé, qui est né de Marie qui l’a nourri et éduqué avec Joseph, son époux. Jésus l’affirme Lui-même dans le récit de l’Évangile, disant : « nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler ».

Notre connaissance de Dieu nous vient de Dieu qui se dit, qui se dévoile, qui se révèle et se livre à nous, dans la Sainte Écriture et de manière définitive dans la vie de Jésus, le Christ mort et ressuscité pour nous sauver de l’ignorance, du péché et de la mort. Mais si connaître Dieu est une première étape, incontournable, nécessaire et indispensable pour la foi en Lui, cela ne suffit pas. Il nous faut aussi connaître sa volonté, comme l’écrit le sage : « qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? ».

Nous voyons déjà, en filigrane, de manière implicite, l’expression de Dieu Trinité, qui donne la Sagesse, en la personne de son Fils par lequel nous sommes sauvés et qui envoie l’Esprit Saint pour qu’Il nous guide, à la suite du Fils ressuscité, dans la vérité tout entière sur Dieu, sur l’homme et sur la création. Et pour connaître la volonté de Dieu, nous avons comme premier moyen celui de la prière que Jésus nous a laissée, en la confiant aux siens, où nous demandons à Dieu notre Père : « que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel ». Il nous faut donc demander à Dieu non seulement qu’Il nous fasse connaître sa volonté et ce qui lui plaît, mais qu’Il réalise en nous et à travers nous sa volonté et qu’il nous donne de Lui offrir notre préférence à toute chose et même à toute personne ici-bas, comme Jésus l’enseigne dans le passage de l’Évangile de ce dimanche, quand Il dit à la foule, et pas seulement à ses disciples, de Le préférer à tout autre et même à sa propre vie. Paroles d’une exigence terrible pour devenir et vivre en disciple authentique de Jésus ressuscité ! Parole qui engage à renoncer aussi à ce qui m’appartient, pour que le Dieu de Jésus-Christ soit ma seule richesse, mon seul bien, mon refuge, mon rempart, ma forteresse, mon salut.

Aujourd’hui, interrogeons-nous sur la place que je veux bien donner à Dieu dans ma vie.

Est-ce que je le mets en périphérie de ma vie, de mes décisions, de mes engagements, ou bien estce que je recours à Lui comme source pour qu’Il me guide et me donne son souffle, et la joie de Lui appartenir comme son enfant ? « Aller au Seigneur demande des abandons et choisir suppose un renoncement, un discernement parfois douloureux d’où la croix à porter à la suite du Seigneur » ont dit celles qui ont préparé cette liturgie. Alors, est-ce que, aujourd’hui, j’accepte de renoncer à certaines choses, à des responsabilités, à du confort, à des biens pour m’offrir à Dieu et Lui servir de disciple-missionnaire afin, comme le dit le pape François, de « faire résonner la Bonne Nouvelle de Jésus, de porter à tous l’Évangile de la vie pour que parvienne à tous le don du salut » ?

Demandons-nous quels moyens nous prenons pour mieux connaître Dieu en vérité tel qu’Il se donne à connaître selon sa mesure et sa volonté et non pas tel que nous nous l’imaginons à notre mesure. Demandons-nous quelle attitude nous adoptons, chacun, chacune, et en communauté, pour L’aimer plus et Le servir humblement, en aimant et en servant tout autre, comme Paul le fait en indiquant à Philémon d’accueillir son « enfant » Onésime à qui il a donné la vie dans le Christ, faisant de lui un nouveau chrétien et « son frère bien-aimé », humainement et spirituellement. Seigneur, loué sois-tu pour le don de ta grâce : qu’elle m’aide à Te préférer à tout pour Te suivre et Te servir en toutes choses de ma vie présente, Amen !

5 septembre 2022 |

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