par Francis ROY, diacre
Le troisième dimanche de l’année liturgique est désormais dédié à la Parole de Dieu selon la proposition de notre pape François. Comment répondre à ce souhait de notre Saint Père ? En la célébrant spécialement aujourd’hui ? Ce serait sûrement bien, mais infiniment pas suffisant. Car cette Parole de Dieu doit être lue pour la découvrir, relue et méditée pour s’en
imprégner, relue encore pour la redécouvrir à chaque fois, nouvelle, différente et si riche. Ce dimanche dédié à la Parole ne peut et ne doit être que le début d’un cheminement quotidien dans les richesses de ce trésor : la Parole de Dieu ! Alors ouvrons vite notre vieille bible et écoutons cette Parole. Et si nous avons deux bibles, offrant on une à nos enfants, à nos petits-enfants, à notre voisin. Cette mise en route d’aujourd’hui doit pouvoir nous accompagner pendant toute cette nouvelle année.
Reprenons notre Evangile de ce dimanche et essayons de suivre Jésus dans le récit des débuts de sa vie missionnaire. Quand Jésus apprend l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retire en Galilée. En faisant ce choix, il accomplit ce que disait le prophète Isaïe dans notre première lecture : annoncer l’Evangile, non pas à Jérusalem, la capitale, mais en Galilée, dans des territoires périphériques. Cette Galilée des nations, traversée par plusieurs grandes voies commerciales, est un carrefour où se croisent de nombreuses cultures différentes. Aujourd’hui encore, le Christ nous rejoint dans la « Galilée » de nos vies. Seigneur, accorde-moi la grâce de reconnaître ta lumière là où tu me rejoins.
Jésus commence à proclamer : « Convertissez-vous car le royaume des cieux est tout proche. » Convertissez-vous ! Changez de regard, changer de vie, le Royaume est là au milieu de nous. Qu’ai-je à convertir, à changer dans ma manière de vivre pour reconnaître que Jésus est là, tout près de moi. Seigneur accorde-moi l’ouverture du cœur pour comprendre à quelle conversion concrète tu m’appelles.
Jésus passe ; il voit deux frères au travail, puis deux autres avec leur père eux aussi au travail. Il les regarde et les appelle. Quelle merveille que ce regard de Jésus posé sur Pierre et André puis Jacques et Jean, regard qui reconnait et appelle. Vais-je reconnaître le regard de Jésus qui, aujourd’hui, vient se poser sur moi ? Seigneur viens encore dans ma vie me faire signe, et m’appeler tel que je suis, là où j’en suis.
Et Jésus continue : « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Il s’agit de se mettre en route avec Jésus, le suivre, se mettre à son école et partager sa mission de pêcheur d’hommes. Ai-je entendu dans ma vie cet appel à suivre Jésus, à marcher avec lui ? Aujourd’hui encore tu m’appelles, Seigneur. Fais que ne sois pas sourd à cet appel et que je te réponde sans tarder.
« Laissant tout, ils le suivirent ». Que laissent-ils ? Leur barque, leur père, leur sécurité, ce qui fait leur vie de pêcheurs. Laisser, c’est choisir, préférer quelque chose de plus grand, de plus important. Les disciples prennent ce risque parce qu’ils ont reconnu en Jésus celui qui leur ouvre un chemin de vie, qui rejoint leur espérance. Je me tourne vers toi Seigneur, éclaire mon cœur afin qu’il te reconnaisse et que je puisse choisir ce qui me rapproche de toi et m’ouvre à ta vie.
Chaque appel est singulier ; chacun est rejoint dans son histoire. Ainsi en est-il pour Paul sur le chemin de Damas. Sa rencontre avec Jésus inaugure sa conversion, son retournement. Le persécuteur devient le compagnon. A la suite de Pierre et d’André, de Jacques et de Jean, de Paul et de tant d’autres à travers le temps et l’espace, tu viens à moi et tu m’invites à devenir témoin à mon tour, à te suivre, à te servir et à t’aimer. Fais grandir en moi la foi.
En parcourant pas à pas ce petit bout d’évangile qui nous est proposé pour ce troisième dimanche ordinaire de l’année A, nous voyons que cette lecture méditée du texte nous a permis de nous poser un certain nombre de question sur notre vie, notre façon d’être vis-à-vis du monde dans lequel nous vivons et surtout sur notre manière d’écouter, d’entendre Jésus qui nous parle. Dans ce passage, la vie publique de Jésus commence avec les disciples ; ils se sont mis à le suivre. Ils l’entendent proclamer l’Evangile ; ils le voient guérir toute maladie et toute infirmité. En Jésus, par sa parole et par ses actes, le Règne de Dieu s’est approché de nous. Aujourd’hui, le Seigneur remet à ceux qui marchent à sa suite, ses paroles et ses actes. Aujourd’hui, dans l’Eglise et le monde, des paroles entendues, des gestes posés, des guérisons rencontrées révèlent aussi l’Evangile du Royaume. A la messe, des paroles et des actes posés témoignent de l’Evangile.
Rendons grâce à Dieu d’avoir remis entre nos mains l’Evangile du Royaume, la Parole de Dieu, que Jésus est venu dévoiler. Patiemment, il fait de nous des témoins de sa présence. Acceptons avec joie et fierté cette mission qu’il nous confie en sachant qu’il sera toujours prés de nous pour nous donner la force de l’accomplir.