* 4 semaines avec Fratelli Tutti ( chapitre 6 ) – Etapes 1, 2, 3 et 4

Etape 1 : le dialogue

QUE SIGNIFIE « DIALOGUER » ?

         Le dialogue est a priori une écoute attentive de l’autre pour l’entendre, le comprendre, pour s’enrichir de nos différences sans pour autant adhérer à l’entièreté de ses idées, ce qui interdit un consensus « mou » de nos deux points de vue, une réduction au plus petit dénominateur commun. Un dialogue vrai et courageux conduit à une rencontre respectueuse.

QUELLES ATTITUDES POUR FAVORISER LE DIALOGUE ?

         Avant de commencer tout dialogue, il est important de se centrer, sur l’Image que Dieu a déposé en moi depuis toute éternité, dans le « qui je suis ». Je dois d’abord rester moi-même, bien définir ma pensée, au besoin la reformuler pour ne pas être dans le flou et apporter toutes les nuances nécessaires à sa parfaite compréhension.

         Suis-je bien persuadé que personne ne peut détenir toute la vérité, moi en premier, et qu’il y a une part de vérité en chacun ? Pour m’en convaincre, je dois m’efforcer d’aborder la pensée d’autrui avec curiosité et respect, en essayant de me mettre à sa place pour découvrir et comprendre le sens vrai de ses dires.

         Il est indispensable de ne pas enfermer l’autre dans la perception qu’on a de lui, de ce qu’il pense ; il faut lui reconnaitre le droit d’être lui-même et de penser différemment de moi.

         Il peut être utile de reformuler ce que j’ai compris du « dire » de l’autre pour bien saisir le sens de son propos,  et ce qu’il met derrière les mots.

         Le consensus est le fruit d’une écoute attentive et bienveillante qui aboutit à une formulation convenant aux deux interlocuteurs.

EN RESUME

         Soyons NOUS-MEMES chacun(e) avec les autres et avec le Seigneur, humblement ouverts à la différence pour s’en enrichir.

         Fratelli Tutti développant ce concept d’amitié sociale nous ouvre un chemin nouveau pour penser la Paix, aplanir les différences et vivre « Tous Frères »…

Etape 2 : la culture de la rencontre

Lire l’encyclique Fratelli Tutti peut sembler ardu à première lecture, mais à la deuxième lecture, on mesure combien la parole du pape François fait écho avec la situation actuelle. L’être humain est un être de relation. Nous pensons à la souffrance de tous ceux qui sont isolés mais aussi à celle de ceux qui subissent la promiscuité et la violence. Notre vie est faite de toutes sortes de rencontres voulues, ou non, de rencontres à distance aussi…comme celle de notre groupe de lecture… Souvenons-nous que l’Évangile est tissé de rencontres avec le Christ qui nous amènent  à mieux réfléchir, à nous impliquer davantage dans nos rencontres et à nous convertir.

QU’EST-CE QUE CETTE «CULTURE DE LA RENCONTRE » que le pape nous appelle à désirer ?

Il s’agit, nous dit le pape, « en tant que peuple, de chercher à nous rencontrer, de rechercher des points de contact, de construire des ponts, d’envisager quelque chose qui inclut tout le monde. La « théologie du peuple » qui inspire le pape François part du terrain, à la rencontre des pauvres et des exclus de « nos périphéries »,pour nous inviter à créer une communauté de destin. Dieu se révèle par eux et en eux,  en tant que victimes des injustices ; leurs souffrances révèlent le péché de la société. On a besoin que l’Esprit Saint nous aide à découvrir la présence du Christ au milieu de nous pour aller en direction des autres, pour s’ouvrir à d’autres possibles, pour changer de regard : «personne  n’est inutile, personne n’est superflu». Il faut intégrer tout le monde dans le dialogue. La paix sociale ne peut pas naître de tactiques politiciennes; elle repose sur le respect inconditionnel  de l’autre. La rencontre avec l’autre nous fait grandir si on se laisse travailler par l’Esprit.

QUELLES ATTITUDES POUR FAVORISER LA RENCONTRE?

 

La culture de la rencontre est comme une graine plantée par le jardinier qu’on doit cultiver avec persévérance. Nous sommes appelés à une véritable conversion pour « écouter en vérité », en acceptant tout ce que nous sommes individuellement et collectivement, et en acceptant de nous laisser toucher par ce que dit l’autre, ce qui peut nous renvoyer à ce que nous sommes. L’autre ne changera pas nos propres convictions, mais notre regard sur lui peut changer(Rf. Maurice Zundel). C’est possible, si nous le désirons vraiment, en nous appuyant sur ce qu’il y a de meilleur en nous pour aller à la rencontre de l’autre, et en laissant de l’espace à l’autre. Pensons à tout ce que nous avons appris des repas solidaires qui ont permis de développer une culture de la rencontre à Saint Joseph, non seulement avec les étrangers que nous avons accueillis, mais aussi au sein du groupe de bénévoles et dans la paroisse en œuvrant tous dans un but commun. Interrogeons-nous : quels nouveaux  processus de rencontre  pourrait –on mettre en place en 2021au sein de la paroisse et dans le quartier ?

 

EN CONCLUSION

Méditons l’exemple du Bienheureux Charles de Foucauld, pour qui « rencontrer l’autre, c’est rencontrer Jésus. Il n’oppose pas le temps qu’il passe en prières devant le Saint-Sacrement et le temps où il accueille ceux qui frappent à sa porte. Cette disponibilité ainsi que son regard sur Jésus et sur les hommes lui donnent une unité de vie extraordinaire ».(X.Gufflet, croire.com)

Etape 3 : l’ intégration des différences

QUE SIGNIFIE « INTEGRER LES DIFFERENCES » ?

         Intégrer, c’est faire entrer dans un ensemble en respectant a priori les caractéristiques de l’intégré. Cela veut dire accueillir l’intégralité de la personne avec ses différences, qu’elles soient culturelles : genre de vie, langue, religion, éducation, etc…ou qu’elles soient biologiques : sexe, âge, couleur de peau, taille, handicaps, etc…

         Soyons persuadés que les différences sont bénéfiques car créatrices de tensions dont la résolution par la discussion conduit, pas à pas,  à un consensus enrichi de tous les compléments mis en évidence.

« dans la résolution d’une tension se trouve le progrès de l’humanité » ! (pape Francois 198]

         L’image du polyèdre dépeint parfaitement une société où les différences coexistent, se complètent, s’enrichissent et s’éclairent réciproquement.

QUELLES ATTITUDES POUR INTEGRER LES DIFFERENCES ?

         Intégrer, c’est aller plus loin qu’accueillir, plus loin que simplement comprendre. Il est nécessaire de surmonter la peur de la différence, vécue comme menaçante ou insécurisante.

         Il faut donc apprendre à mettre à distance nos stéréotypes, nos préjugés racistes, sexistes, les hiérarchies sociales.

         Il est nécessaire de se retrouver sur ce qu’est le bien commun en cherchant les points de convergence. Il faut savoir reconnaître les valeurs qui transcendent nos contextes et ne sont jamais négociables, s’imposant à tous.

         Il est difficile de prendre en compte les différences d’où la nécessité de permettre au « oui » et au « non » d’avoir leur place ; aller au-delà des dialectiques qui s’affrontent ; ne pas tomber dans « la fausse tolérance »,  être fidèle à ses principes, mais reconnaitre que l’autre aussi a le droit  de vouloir être fidèle aux siens ; se mettre à la place de l’autre pour « découvrir ce qu’il y a d’authentique ou au moins de compréhensible dans ses motivations et intérêts. »

EN CONCLUSION

         Soyons NOUS même chacun (e) avec les autres et avec le Seigneur, humblement ouvert aux différences pour s’en enrichir, les aplanir et vivre en paix « Tous Frères »…

  1. La paix sociale est difficile à construire, elle est artisanale. Il serait plus facile de limiter les libertés et les différences par un peu d’astuce et de moyens…. Intégrer les différences est beaucoup plus difficile et plus lent, mais c’est la garantie d’une paix réelle et solide. Ce qui est bon, c’est de créer des processus de rencontre, des processus qui bâtissent un peuple capable d’accueillir les différences. Outillons nos enfants des armes du dialogue ! Enseignons-leur le bon combat de la rencontre. (pape François)

Etape 4 -retrouver la bienveillance

Le chapitre 6 de l’encyclique Fratelli Tutti, « dialogue et amitié sociale », se termine par une invitation à « retrouver la bienveillance ». Après avoir médité ce passage, notre petit groupe en a conclu que la bienveillance est l’unique béatitude que l’on devrait avoir implantée dans le cœur, celle qui permet de mettre en œuvre toutes les autres béatitudes. La bienveillance, le fait de poser sur l’autre un regard de bonté, capable de se traduire en une action visant le bonheur de l’autre, quel que soit son comportement, n’est-elle pas un principe tout à fait chrétien ?

QUE SIGNIFIE « BIENVEILLANCE» ?

Le terme de bienveillance est issu du latin benevolens (vouloir du bien). C’est cette capacité à se montrer indulgent et attentionné envers autrui d’une manière désintéressée et compréhensive. La bienveillance permet de tisser des liens solides et pérennes avec ceux qui nous entourent. Cela représente un effort au quotidien, une pratique exigeante C’est un « fruit de l’Esprit Saint : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi » (Galates 5, 22-23).

COMMENT RETROUVER LA BIENVEILLANCE ?

La bienveillance est plus ou moins spontanée selon les personnes. Il faut la vouloir, et nous entraîner sans relâche en commençant par être bienveillant envers nous-mêmes, conscients que nous sommes profondément aimés de Dieu et que l’autre l’est aussi. Il s’agit de ne pas rester au stade de la bienséance et d’ aller au fond des choses en veillant à ne pas chercher à piéger l’autre, mais à le valoriser et à le soutenir quand il est en difficulté. Il convient de s’appliquer à voir ce qu’il y a au-delà des apparences, de travailler au bien de l’autre avec lui et pas seulement pour lui, sachant que son bien n’est pas forcement ce que je veux, moi. La bienveillance se cultive aussi par une attention humble aux petites choses de la vie, aux petits actes faits par de « petites mains » en partageant tout ce qui est bon en toute simplicité.

EN CONCLUSION

Empruntons le regard de Dieu quand nous regardons notre prochain.

« Prions pour tous ceux qui nous sont confiés, plaçons-les dans Sa lumière, afin de les voir comme Il les voit…».(Prière des complies)

Faisons nôtre l’encouragement du pape François : « Il est cependant possible de choisir de cultiver la bienveillance. Certaines personnes le font et deviennent des étoiles dans l’obscurité » (222)

19 décembre 2020 |

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