4ème dimanche de Carême : 21/22 mars 2020

En cette période de confinement, suivez en direct les messes dominicales retransmises par KTO à la TV, sur internet (KTOTV.com) et sur la chaîne Youtube de KTO

7 heures : Messe en direct du Pape François à Ste Marthe

(retransmise exceptionnellement tous les matins sur KTO)

10 heures : messe  en direct de la grotte de Lourdes ( messe quotidienne)

18 h 30 : messe en direct de Saint Germain l’Auxerrois  (messe quotidienne)

sur France 2 « le jour du Seigneur à 11 h

sur la chaîne Youtube des paroisse de Fontaine ( à 9 h) et de Saint Bernard (à 11 heures)

(lien sur les sites internet de ces deux paroisses de notre doyenné)

ou sur votre radio  RCF à  18 h 15 ( messe quotidienne à 11 h)

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Message du Père Dominique Nicolas

Ainsi donc, nous aussi, à peu près 40 jours et 40 nuits, nous allons vivre un désert. Nous ne l’avions certainement pas choisi,  mais il est là et il s’impose à nous. Après tout rien ne dit que Jésus dans son temps de  désert ait vraiment voulu partir dans la solitude. mais à la fin, poussé par l’Esprit, face aux assauts du Diviseur, le grand Satan des origines, il eut la force d’affirmer qui il était, d’affirmer l’avenir,  et  d’affirmer ce qu’il croyait : c’est à dire  un rapport  neuf avec le monde  et des gens et des choses matérielles, et avec le Dieu créateur.


A l’inverse, tout nous dit que le peuple emmené par Moïse n’était pas du tout en accord avec la période de 40 ans que l’Eternel lui proposait / lui imposait.  Mais à la fin, après qu’il eut frôlé 100 fois la mort, il comprit que le Seigneur avait fait confiance à sa capacité de discerner et de juger où était la Terre promise : Dieu lui dit simplement « CHOISIS LA VIE. »


Avec ce qui nous arrive en ce moment se déroule également une histoire de vie et de mort.  Une histoire de gens responsables pour la bonne santé et la vitalité de leur peuple. Tous n’en sont pas encore convaincus,  et quelques-uns tiennent encore à l’individualisme du « j’fais bien c’que j’veux » … hélas !

Qu’il est difficile de jouer le jeu de la fraternité !


Honnêtement, d’expérience, je sais bien que le temps du Carême, c’est surtout moi qui en décide et que je le façonne à mon idée..

Pour vous, je ne sais pas, mais autant je suis partisan de tout abandonner au Père, et j’en discours, autant c’est à la condition de négocier les modalités de ma reddition entre ses mains !

Pour une fois, ce n’est pas moi qui aurai choisi mon abandon.

Mais bien le monde extérieur.

Là où sont les frères et la Grâce.


Le respect à l’égard d’autrui, qui est une des exigences et l’un des bienfaits fondamentaux du temps de Carême, se manifeste présentement de deux façons : d’un côté admettre les décisions du politique –même lorsqu’elles semblent manquer de cohérence !–, et le juger toujours à l’aune du Bien Commun. Et de l’autre, faire effort d’intelligence sociétale : voir quelle est notre bienveillance pour la Terre et les conversions nécessaires quant à la nature et à ses habitants.


Pour beaucoup d’entre nous la grande difficulté — la vraie grande souffrance –vient de ne plus pouvoir célébrer l’Eucharistie ensemble.   Certes nous prions, mais à distance. (..quel bonheur qu’existent les technologies pour maintenir le lien de la prière !).  Bien sûr, nous avons plus de temps pour prier,  mais l’hostie  nous manque, la communion au pain et au vin, la communion au Corps et au Sang du Christ, la communion à sa personne nous manque.


Nous vivons une sorte de Samedi Saint de l’absence, de l’impossibilité d’entendre, de voir, de recevoir et toucher Dieu. Dans cette situation inconnue,  nous sommes confrontés à ce redoublement d’inconnu : nous sommes sans la présence sensible de celui que nous aimons.

Il est compréhensible que quelques-uns en soient navrés.

Profondément, nous sommes dans la situation de tous ceux pour qui Dieu est absent.

Rude Prière Universelle !!

 

Mais on peut à l’inverse redécouvrir les bruits infimes d’une vie que les tracas de notre agitation empêchaient de percevoir.  Une multitude de signes d’amitié sont échangés en ce moment sous une forme  autre que de coutume : peut-être pourrait-on y entendre les nombreuses marques d’affection que le Christ nous a laissées ? C’est peut-être déjà trace anticipée sur la Résurrection, comme les évangiles  ont rapporté quand ils racontent la multiplication des pains, ou la pêche miraculeuse, ou la marche sur le lac tempétueux, ou la Transfiguration.

Dans les tourments, le Vivant est tout de même déjà là. Les présences d’amitié anticipent sur la Présence de l’Ami et l’annoncent… C’est le Credo d’une messe étonnante…

À l’époque les disciples n’avaient pas su voir  (« ils voient sans voir ; ils entendent sans entendre »). Ils ont compris ensuite. Il peut en être de même pour nous qui peinons à nous émerveiller des germinations discrètes.

 

Car la Bible est présence de Jésus.

Car le silence lui fait compagnie dans sa montée vers le Père.

Le temps libre est présence de Jésus.

Dans chaque maison, l’Autre est Jésus rencontré, à vivre à plein …

Envoyé à l’heure où la Messe commence, ce 21.03.20

Cf. https://www.aelf.org/2020-03-22/romain/messe

spère d.n.


21 mars 2020 |

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