Nouvelles de Jérusalem # 5

Le travail à l’hôpital : une journée à l’aquarium

Jérusalem est une ville de murs, et ceux de l’hôpital sont parfois pesants pour les malades. Alors notre directeur, Alex, a demandé à Bayan d’organiser une journée à l’aquarium de Jérusalem. Nous avons donc emmené une douzaine de patients dans un car adapté, avec le pique-nique dans le coffre. Quelle joie de sortir au soleil, de s’immerger dans le fond des océans, de se promener au milieu des papillons, avant de se restaurer d’un bon repas, casher évidemment ! Hanna nous dira en français : c’est une journée exceptionnelle pour moi !

Ein Gedi et la découverte de la Mer Morte

Le jour des élections en Israël, les transports sont gratuits. Agathe, Emmanuelle et moi sommes donc parties vers Ein Gedi au bord de la Mer Morte. Un lieu très prisé des familles et des randonneurs amoureux du désert. La montée est tranquille pour gagner la cascade de David, plus rude pour parvenir au point culminant, qui reste malgré tout sous le niveau de la mer ! Marcher dans la rivière soulage de la chaleur encore intense, et la vue est grandiose sur la mer et les montagnes de Jordanie de l’autre côté. La pluie nous empêchera au retour de nous arrêter à la plage. Ce sera pour une autre fois !

Les rendez-vous hebdomadaires

J’ai pris le rythme du travail, je m’habitue aux escaliers et à la lumière qui s’éteint au milieu, à l’odeur de lessive, j’aime le temps du petit déjeuner qui me permet de mieux connaitre l’équipe des care givers, et depuis octobre ma semaine est rythmée par la répétition avec la chorale du Magnificat dirigée par Djamil le mardi et les cours d’hébreu les lundis et mercredis. Avec la chorale, je chante en latin et en arabe. En cours d’hébreu, je parle…hébreu, et anglais avec les élèves qui viennent de tous les horizons. Pour le moment, ce sont des révisions pour moi. Mais elles me donnent plus d’assurance pour parler avec les malades et je commence à mieux les comprendre. Les autres volontaires, studieuses, apprennent l'arabe.

 

Reine de Palestine

Le dernier dimanche d’octobre, la fête de la Vierge Marie, Reine de Palestine, rassemble des milliers de fidèles au sanctuaire qui lui est dédié à Deir Rafat. Environ un millier de chrétiens palestiniens obtiennent un permis spécial pour se rendre à ce pèlerinage, grâce au patriarcat latin. C’est un moment très festif et plein de ferveur. Pour ma part, j’ai été touchée par l’homélie du patriarche, en anglais traduite en arabe, qui évoquait les conflits politiques mais aussi l’attitude d’espérance dont doivent témoigner les chrétiens. J’ai adoré les chants en arabe, et particulièrement le Notre Père. Ce jour-là mais aussi le reste de l’année, les moniales de Bethléem accueillent les pèlerins, de toutes confessions, mais aussi des juifs et des musulmans qui viennent déposer en ce lieu un même désir et une même prière : la paix du cœur, la paix dans les familles et la paix pour cette belle terre de Jésus.

L’église du Pater Noster

La cueillette des olives bat son plein en novembre aussi. J’ai donc profité d’un début de matinée dédiée au travail chez les bénédictines pour visiter l’église du Pater Noster et sa grotte. Ce sont les carmélites qui nous accueillent en ce lieu où le Christ a appris à ses disciples la prière du Notre Père. Des plaques  en reproduisent le texte en plus de cent soixante-dix langues et dialectes! Dans la grotte, des religieux coptes orthodoxes se prenaient en photos avant de chanter quelques prières. Je les avais croisés le matin dans le quartier arabe de la vieille ville, en dépassant un groupe de pèlerins portant une croix sur la Via Dolorosa. J’ai une pensée pour la fondatrice du couvent des carmélites, Mère Xavière du Cœur de Jésus, qui est une grande tante de la grand-mère paternelle de Vincent, un ami laïc assomptionniste. Et pour Rachel, une jeune carmélite qui apprend l’hébreu avec moi.

Le quartier arménien

Jérusalem est une ville qui se laisse découvrir à petits pas, et en fonction des paroles partagées. Un jour, Julien me dit qu’il est allé chercher des matelas au monastère syriaque orthodoxe Mor Marqos (Saint Marc) dans le quartier arménien. Et il m’explique comment entrer dans ce quartier secret, entouré de murs. Au bout de ce qui ressemble à une impasse, la ruelle se poursuit et je découvre en effet une nouvelle ambiance. Cherchant à savoir quand la chapelle est ouverte, je pose la question à un petit garçon souriant qui me demandait si j’étais perdue. Il ne sait pas. Je lui demande s’il est catholique ou orthodoxe, il me répond qu’il est…arménien. Un peu plus loin, à la limite du quartier juif, deux petites filles comparent leurs vêtements : la robe de la blondinette ashkénaze et la jupe et les collants de la brunette arménienne. Les mères sourient. Jérusalem, c’est ça aussi.

Se reposer sous le figuier

Le petit village d’Ein Kerem, à la périphérie de Jérusalem, est réputé pour sa réserve naturelle, et pour l’église de la Visitation. J’ai donc pris le temps de me promener sur les sentiers et même de faire un pause lecture avant de monter jusqu’à l’église. Cette fois, c’est le Magnificat qui est inscrit en plusieurs langues sur les murs. En repartant, cherchant mon chemin, j’ai été interpelée et guidée par le gardien d’une maison pour personnes très handicapées qui accueille aussi des volontaires. Je suis repartie vers Jérusalem avec une jeune femme polonaise qui m’a raconté la vie dans ce foyer « Saint Vincent » tenu par les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul.

Les versets de la Bible qui font échos

« Fais confiance au Seigneur, agis bien. Habite la terre et reste fidèle. Mets ta joie dans le Seigneur, Il comblera les désirs de   ton cœur » Psaume 36

« Que résonnent la mer et sa richesse, le monde et ses habitants, que les fleuves battent des mains, que les montagnes chantent leur joie » Psaume 97

J'ai une pensée pour Muriel et Sofia , qui sont montées au Ciel ce mois-ci. Et je vous demande de prier pour Bella et Véra, toutes les deux artistes, qui sont en chemin. De belles personnes.

 

Remerciement et devinette

Un grand merci à Victoire, volontaire assistante de français à l’École des frères, qui a choisi de nous projeter le film « Les saveurs du palais » au ciné-club qu’elle anime. Elle nous a bien fait saliver ! Et éprouver un brin de nostalgie en apercevant les couleurs de l’automne en France !

La DCC nous avait suggéré de mettre dans notre valise un objet « inutile ». J’ai donc obtempéré. Quel est l’objet que j’ai choisi selon vous ? J’écrirai la liste de vos réponses dans ma prochaine newsletter ! J’ai hâte de découvrir les fruits de votre imagination

Cet email a été envoyé à erazmus-denis21@orange.fr, cliquez ici pour vous désabonner.

FR